Jeudi 20 octobre 2011 4 20 /10 /Oct /2011 17:21

L’Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU), a été créé le 3 mars 1998, avec le soutien de l’Association des Maires de France et de l’État pour assurer une mission de service public. Il a pour mission principale d’attribuer une qualification professionnelle aux urbanistes et de la faire connaître.

 

Dans le cadre de sa mission de service public, l’OPQU fait donc la promotion de la qualification auprès d’urbanistes en activité. Cette promotion peut donc se faire par des communications auprès de structures regroupant des urbanistes.

 

Au hasard d’une recherche Internet sur l’urbanisme et la qualification d’urbaniste, il ressort que l’OPQU fait largement son marché de qualifiés sur… le site Internet du Conseil national de l’ordre des architectes (www.architectes.org), drôle de démarche… Un peu comme si l’association des bouchers recrutait des garçons bouchers formés à la charcuterie. Démarche intéressante pour garantir une légère ouverture une profession, mais moins évidente pour la qualité de nos assiettes si elle tend à se systématiser, avec le risque de ne plus voir que des côtes de porc sur nos étalages.

 

Ici le plan de communication tient en trois actions, presque de l’acharnement…

 

 

Action de communication n°1 : Faire la promotion des sessions de qualification auprès des architectes

 

Le moteur de recherche Google, regorge de liens vers des pages, sur le site ce l’Ordre des architectes, à propos de l’OPQU et de la qualification d’urbaniste… On y remarque que l’OPQU fait très régulièrement la promotion de ses sessions de qualification auprès de l’Ordre des architectes.

 

 

Une communication de l’OPQU rappelant l’organisation d’une session de qualification à Rennes en octobre 2010

[PDF] 

Newsletter de L'OPQU

www.architectes.org/actualites/opqu...d...d-urbaniste.../download

Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat - Afficher
La 31ème Rencontre des Agences d'
Urbanisme "Ville désirée, ville durable : un ...Prenez sans tarder contact avec Bernard Soubrane, délégué général de ...

 

 

Une autre communication pour une nouvelle session de qualification à Paris…

Session de qualification OPQU à Paris le 19 mars 2010 ...

www.architectes.org › Actualités

11 févr. 2010 – L'Office Professionnel de Qualification des Urbanistes organise une session d'auditions pour la qualification d'urbaniste à PARIS le jeudi ...

 

…ou à Lyon

Auditions de l'OPQU le 15 mai à Lyon — Architectes.org

www.architectes.org › Actualités

15 avr. 2009 – L'Office Professionnel de Qualification des Urbanistes ...

 

et encore bien d’autres liens identiques…

 

 

Il ressort que l’OPQU fait régulièrement la promotion de qualification d’urbaniste auprès… d’architectes !

 

Action de communication n°2 : Mettre directement en ligne les formulaires de demande de qualification d’urbaniste sur le site… de l’ordre des architectes

 

 

La démarche est tellement rodée que l’on peut même télécharger directement sur le site de l’Ordre des architectes, tous les documents nécessaires pour demander sa qualification d’urbaniste, comme le montre cet extrait de recherche sur le site officiel de l’ordre.

 

Résultats de la recherche

Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez ? Essayez la recherche avancée pour des critères de recherche plus précis.

Il y a 25 éléments qui correspondent à vos critères. 

Document OPQU-FormulaireN4.doc [100 %]

Document OPQU-FormulaireN3.doc [100 %]

Document OPQU-FormulaireN2.doc [100 %]

Document OPQU-ReglementInterieur.doc [100 %]

Document OPQU-FormulaireN1.doc [100 %]

Document OPQU-Notice-modele.doc [99 %]

Document OPQU-pres-orale.doc [99 %]

 

 

 

Action de communication n°3 : répertorier l’Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU), la Société française des urbanistes (SFU) et le Conseil français des urbanistes (CFDU), comme de associations…  d’architectes.

 

 

Symétriquement à la démarche de recrutement d’urbanistes chez les architectes lancée par l’OPQU, l’Ordre des architectes (CNOA) considère de son côté que les associations d’urbanistes, sont des associations d’architectes, comme le montre la page des liens présente sur son site officiel.

 

Associations françaises d'architectes

ACADEMIE D'ARCHITECTURE (archives de la Société centrale des architectes depuis 1843)
9 place des Vosges
75004 PARIS 
Tél : 01 48 87 83 10 / Fax. : 01 48 87 44 42
www.archi.fr/AA/ et acadarch@noos.fr

A.DIA
ASSOCIATION POUR LE DIAGNOSTIC IMMOBILIER PAR L'ARCHITECTE 

149 avenue du Maine 
750014 PARIS 
Tél : 33 (0)2 47 42 19 92 - Fax : 33 (0)2 47 42 16 40 
Mail : info@adia.org  
Site : http://www.adia.org/ 

ADA - LES ARCHITECTES DIAGNOSTIQUEURS & ASSOCIES
BP 41
37230 FONDETTES
Tel : 0820 000 864
E-mail : phd.adia@yahoo.fr 
Site : http://www.ada-france.com/
Fax : 02 47 27 76 84

AMO 
ARCHITECTURE ET MAITRES D’OUVRAGE

C/o METL La Grande Arche
92055 LA DEFENSE Cedex 04
Tel : 01 40 81 23 69 / Fax : 01 40 81 25 51
www.amo.asso.fr et info@amo.asso.fr

ANABF / AUE
ASSOCIATION NATIONALE DES ARCHITECTES DES BATIMENTS DE France / ARCHITECTES URBANISTES DE L'ETAT

27 rue Genesta
33000 BORDEAUX
Tél / Fax : 05 56 51 83 90
  http://www.anabf.org et anabf@wanadoo.fr

ARCHINOV
12 boulevard Magenta
75010 PARIS
Tél : 01 43 04 03 03 / Fax : 01 43 03 43 82
www.archinov.com et info@archinov.com 

ARCHITECTEURS Compagnie des Architecteurs
42 avenue de la Grande Armée
75017 PARIS
Tél. : 01 55 37 17 00 / Fax : 01 55 37 17 07
www.architecteurs.fr et info@architecteurs.fr 

ARCHIVES D'ARCHITECTURE DU XXe SIECLE
127 rue de Tolbiac
75013 Paris
Tél. : 01 45 85 12 00 / Fax 01 45 70 79 38
Centredarchive@citechaillot.org

ARVHA 
ASSOCIATION POUR LA RECHERCHE SUR LA VILLE ET L'HABITAT

75 rue des Archives
75003 PARIS
Tél : 01 42 77 34 20 / Fax : 01 42 77 34 30
www.arvha.asso.fr et arvha@arvha.org

ASSOCIATION DES ARCHITECTES DU PATRIMOINE
Palais de Chaillot 
1 Place du Trocadéro
75116 PARIS
Tél : 01.56.58.00.75
www.archi.fr/AP/ 

ASSOCIATION HQE ASSOCIATION POUR LA HAUTE QUALITE ENVIRONNMENTALE DES BATIMENTS
4 avenue du Recteur Poincaré
75016 PARIS
Tél. 01 40 47 02 82 / Fax 01 40 47 04 88
www.assohqe.org et a.hqe@assohqe.org 

ASSOCIATION PROFESSIONNELLE DES ARCHITECTES VOYERS 
17 boulevard Morland
75181 PARIS Cedex 04
Tél. : 01 42 76 40 40

 

CONSEIL FRANÇAIS DES URBANISTES
5 rue Saint Pantaléon, 
31000 TOULOUSE, 
tel 05 61 21 78 07
courriel jrcfdu@free.fr  
www.cfdu.org

 

CNEAF COLLEGE NATIONAL DES EXPERTS ARCHITECTES FRANCAIS
Les Récollets, 148 rue du Faubourg Saint-Martin
75010 PARIS
Tél. : 01 40 59 41 96 / Fax : 01 40 59 45 15 
www.cneaf.fr & cneaf@club-internet.fr

COMPAGNIE DES ARCHITECTES EN CHEF DES MONUMENTS HISTORIQUES
59 rue de l’ancienne mairie
92100 Boulogne Billancourt
Tél : 01 48 25 60 71 / Fax : 01 41 31 05 00
www.cie-acmh.org 

COMPAGNIE DES ARCHITECTES CHARGES DE GESTION ET D'ENTRETIEN D'IMMEUBLES (CARGIM)
27 rue de Lisbonne 75008 
Tél : 01 42 25 78 24 / Fax 01 53 75 37 67
www.cargim.com

COMPAGNIE DES ARCHITECTES DE COPROPRIETE
Les Récollets 148 rue du Faubourg Saint Martin 
75010 PARIS
Tél : 08 20 30 01 90
e-mail : archicopro@wanadoo.fr
www.archicopro.com

CORPS DES ARCHITECTES CONSEILS DU MINISTERE
DE L'URBANISME ET DU LOGEMENT

19 rue Debat-Ponsan
31000 TOULOUSE
Tél : 05 61 23 29 31 / Fax : 05 61 21 62 10
www.urbanisme.equipement.gouv.fr 

DOCOMOMO France
Institut d’art 
3 rue Michelet
75006 PARIS
Tél : 01 47 00 96 93 / Fax 01 47 00 73 45 
www.docomomo.France.online.fr

FNACG FEDERATION NATIONALE DES ARCHITECTES CONTRACTANTS GENERAUX 

18 rue du PONT
33410 CADILLAC
Tél : 05 56 62 91 35 / Fax 05 56 62 90 49
www.fnacg.org

 

OPQU 
(Office professionnel de qualification des urbaniste)
5 rue Saint Pantaléon, 
31000 TOLUOUSE, 
05 62 27 07 34
courriel : opqu@free.fr 
www.opqu.org
 

SEMINAIRE ROBERT AUZELLE
CGPC/SRA Tour Pascal B
92055 PARIS LA DEFENSE
Tél : 01 40 81 68 34 / Fax : 01 40 81 23 95
www.arturbain.fr et seminaire.robert.auzelle@wanadoo.fr

SFA SOCIETE FRANCAISE DES ARCHITECTES
247 rue Saint Jacques
75005 PARIS
Tél : 01 56 81 10 25 / Fax : 01 56 81 10 26
www.sfarchi.org et contact@sfarchi.org

UNION FRANCAISE DES FEMMES ARCHITECTES
14 rue Dumont d'Urville
75016 PARIS
Tél : 01 47 20 88 82 / Fax : 01 47 23 38 64

SFU SOCIETE FRANCAISE DES URBANISTES
Société Française des Urbanistes
26, rue de l'Echiquier 750010 Paris
http://www.urbanistes.com
sfu@urbanistes.com
Tél : 01 45 39 69 53 – Fax 01 45 41 02 27
 

 

L’exercice peut être intéressant dans la mesure où les deux domaines sont proches et que quelques architectes bénéficient d’une double formation Diplôme d’architecte + Diplôme d’urbaniste (DEA/DESS/Magistère/Master en urbanisme).

 

Encore faudrait-il cependant que l’OPQU fasse le même exercice, avec une telle insistance auprès des organes représentants les urbanistes et notamment les urbanistes de formation !

 

Très récemment, le Collectif national des jeunes urbanistes (CNJU) a fait bouger les lignes pour que l’OPQU soit enfin proactif dans la promotion de la qualification d’urbaniste auprès des organes de formation des urbanistes.

 

Il semble que le sens des priorités de l’OPQU soit inversé, où leur stratégie de communication semble dessiner un privilège dans la qualification d’architectes en tant qu’urbaniste.

 

Que signifie une telle démarche ? L’OPQU considère-t-il que le diplôme d’architecte permet l’exercice de la profession d’urbaniste ?

 

Avec 47% des 600 urbanistes qualifiés ne présentant aucun diplôme supérieur dans le domaine de l’urbanisme, il est raisonnable d’avoir des soupçons sur un possible favoritisme pro-architectes, dans la mesure où les instituts d’urbanisme forment chaque année 750 urbanistes travaillant directement dans le domaine d’urbanisme et qu’une part infime de leurs diplômés est sollicitée par l’OPQU pour être qualifiée.

 

L’Office professionnel de qualification des urbanistes serait il plutôt l’Office professionnel de reconnaissance des architectes en tant qu’urbaniste ?

Par Clm
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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 12:33

L’Université Paris-Sorbonne (Paris 4) a récemment refondu son site Internet. Cet établissement qui accueille un institut d’urbanisme (Institut d’urbanisme et d’aménagement de la Sorbonne ou IUAS), ne semble plus afficher cette structure sur le nouveau site de l’université.

 

 

 

Un toilettage un peu trop décapant ?

 

Rattaché à l’Unité de formation et de recherche (UFR) de géographie et d’aménagement, l’IUAS bénéficie d’une autonomie relative, comme l’indiquait la brochure 2010-2011 du Master  professionnel « Aménagement, urbanisme, développement et prospective », retirée du nouveau site Internet :

 

« L’institut d’urbanisme et d’aménagement de l’université de Paris Sorbonne, Paris IV, régi par ses statuts approuvés par le conseil d’université le 27 juin 1986, a pour objet de développer, dans les domaines de l’urbanisme et  de l’aménagement, l’enseignement et la recherche à tous les niveaux de l’enseignement supérieur. L’institut est administré par un conseil scientifique (article 4) où sièges deux représentants élus chaque année par les étudiants (un en M1 et un en M2) l’exécutif étant confié à un directeur assisté par un directeur adjoint, tous deux élus pour trois ans par le conseil scientifique. »

 

Cette autonomie, même relative est la marque de fabrique d’une formation autonome et interdisciplinaire des urbanistes, au sein des universités. L’ancien site de l’Université Paris-Sorbonne Paris 4, affichait une maigre page de présentation de l’IUAS :

 

« L’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement de l’Université de Paris IV, enraciné dans une université "littéraire" où tous les aspects de la culture et des civilisations font l’objet d’études approfondies, établit des liens très étroits avec des organismes professionnels et notamment la Société Française des Urbanistes. Cet institut offre une palette extrêmement complète de diplômes de deuxième et troisième cycles avec :

 

Filière classique

 

Licence mention Géographie et Aménagement ;

Master mention "Géographie, aménagement, environnement et logistique des échanges (GAELE)"

Master d’Urbanisme et d’Aménagement ;

Master Transport, Logistique, Territoire, Environnement (TLTE)

 

Débouchés

 

Ces diplômes préparent aux carrières de l’aménagement et de la gestion des collectivités territoriales. Les emplois visés se situent dans le secteur privé (bureau d’études, promoteurs, sociétés immobilières) et dans le secteur public (administrations centrales ou administrations territoriales). »

 

Malgré sa concision, cette page indiquait clairement la présence d’un institut d’urbanisme au sein de l’université historique du centre de Paris. La refonte du nouveau site de l’université, premier outil de communication vers l’extérieur (candidats, étudiants, professionnels), a été l’occasion pour faire disparaître toute mention de l’IUAS dans les pages de présentation de l’université et plus précisément de l’UFR de géographie et d’aménagement.

 

 

 

Une refonte dans un contexte particulier

 

D’un point de vue matériel, la refonte du site Internet de l’université ne présente aucun problème particulier. En revanche les actualités récentes de l’UFR de géographie et d’aménagement de l’Université et plus généralement de la formation des urbanistes en France, suscitent des interrogations sur ce toilettage un peu trop décapant du site :

 

L’IUAS a vu l’un de ses principaux acteurs, Michel Carmona (Professeur au sein de l’Institut et Directeur du Master d’urbanisme de l’IUAS) partir en retraite ; posant la question de sa succession, aujourd’hui assurée par Jean Girardon, Professeur.

 

Les représentants de la section 23 (Géographie physique, humaine, économique et régionale) du Conseil national des universités (CNU), souhaitent récupérer la section 24 voisine (Aménagement de l’espace, urbanisme), qui peine à affirmer son autonomie scientifique. La section 24 pourrait disparaître prochainement du CNU.

 

Dans ce double contexte local et global, la perte de visibilité de l’Institut d’urbanisme et d’aménagement de la Sorbonne, structure historique de formation des urbanistes en France, pose des questions :

 

La disparition de l’IUAS sur le site de l’Université Paris-Sorbonne signifie-t-elle une suppression pure et simple de l’IUAS ?

 

Le recentrage opéré par les élus de la section 23 du CNU a-t-il lieu en Sorbonne ?

 

 

Cette nouvelle perte de visibilité pour les urbanistes au sein de l’université n’augure rien de bon dans un contexte déjà houleux (perte d’accès au concours d’ingénieur territorial ; formations au projet urbain dans les écoles d’architecture) pour la profession.

Par Clm
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Mardi 5 juillet 2011 2 05 /07 /Juil /2011 11:27

Le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), Grand établissement d’enseignement supérieur et de recherche (statut juridique au sens de la Loi n°84-52 du 26 janvier 1984 sur l'enseignement supérieur, dite « Loi Savary ») fondé en 1794, accueillait jusqu’à l’année universitaire 2010-2011, la Chaire d’urbanisme et environnement.

 

À partir de l’année universitaire 2011-2012, dans le cadre d’une réorganisation administrative et de l’offre de formation de l’établissement, le domaine de l’urbanisme connaît les changements suivants au sein de l’établissement :

 

·        La Chaire d’urbanisme et d’environnement devient « Chaire d’urbanisme » ;

·        Le diplôme de niveau BAC+5, Magister « Aménagement et conception urbaine », devient Master « Aménagement, villes et développement des territoires ».

 

Au-delà de la réorganisation formelle, l’affichage de la chaire et de son master est désormais clairement orienté vers le domaine de l’urbanisme.

 

Le passage du Magister, diplôme d’établissement reconnu par le CNAM, au Master, diplôme reconnu par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche au niveau national, donne un poids supplémentaire à la formation principale de la Chaire d’urbanisme, qui délivre entre autres un diplôme de Doctorat en urbanisme et environnement[1].

 

En croisant formation initiale, formation continue, recherche et ateliers sur commande réelle, la Chaire d’urbanisme du CNAM prend les traits d’un institut d’urbanisme ; un modèle qui semble susciter des vocations ?



[1] La Chaire d’urbanisme du Conservatoire national des arts et métiers délivre les diplômes, certificats et titre suivants :

·          Titre professionnel inscrit au RNCP - niveau III « Assistant de gestion mention aménagement »

·          Certificat professionnel « Agent de développement en aménagement et environnement »

·          Certificat de compétence

o    « Conduite de projets de développement de la politique de la ville »

o    « Conduite de projet d’espace paysager »

o    « Ingénierie des polices environnementales »

o    « Ingénierie et développement de projet en espace rural »

·          Licence professionnelle « Aménagement du territoire et urbanisme », spécialité « Assistant chef de projet urbain »

·          Master « Aménagement, villes et développement des territoires »

·          Doctorat « Urbanisme et environnement »

Par Clm
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Vendredi 15 avril 2011 5 15 /04 /Avr /2011 11:13

Le domaine de l’urbanisme n’en finit pas d’aiguiser les appétits. L’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, qui a perdu l’année dernière, l’Institut français d’urbanisme, désormais rattaché à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, lance un bien curieux Diplôme de formation supérieure spécialisé d’université (acronyme barbare pour un diplôme non reconnu par l’État, mais par l’université seulement) intitulé : « Techniques de l’urbanisme, de l’aménagement et du territoire ».

 

 

Un diplôme créé dans un contexte houleux

 

Il faut dire que l’initiateur du diplôme est l’un des deux auteurs d’une tribune « Adapter les programmes universitaires au métier d’urbaniste », publiée sur le site de l’Observatoire Boivigny, qui avait déclenché d’intenses protestations, tant les arguments rétrogrades mobilisés, sur une vision techniciste de l’urbanisme étaient peu valables. Depuis l’Observatoire Boivigny, a retiré la tribune, à la demande des deux auteurs et suite à de nombreuses protestations de lecteurs.

 

Pour l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, l’urbanisme n’est pas une nouveauté. De 1968 à 2010, elle a accueilli l’Institut français d’urbanisme. L’IFU a demandé et obtenu sont rattachement, en 2010, après un intense conflit avec l’Université Paris 8 qui refusait son changement d’affectation. La création de ce petit diplôme d’université pourrait être une sorte de revanche pour l’université de Vincennes-Saint-Denis, mais le contenu ne semble pas au rendez-vous.

 

 

Un contenu confondant ingénierie et urbanisme

 

Ce diplôme d’université comprend 308 heures d’enseignements obligatoires, 70 heures d’enseignements optionnels, correspondant à la préparation du concours d’ingénieur territorial (nous y reviendrons dans la partie suivante), 14 heures d’examens et 560 heures de stage professionnel (4 mois). Le volume horaire est légèrement inférieur à une deuxième année de Master Urbanisme, diplôme reconnu par l’État.

 

Les intitulés des enseignements illustrent parfaitement la vision personnelle du domaine de l’urbanisme de la part des créateurs du DFSSU. Sur quatre unités d’enseignement, le terme « technique » revient trois fois ; une sorte de leitmotiv pour techniciser sur le papier un domaine professionnel qui n’est pas une science de l’ingénieur ou une technique, comme le génie civil ou l’électromécanique. La partie concernant les sciences politiques et les sciences humaines et sociales se réduit à une seule unité d’enseignement dispensée par l’Institut français de géopolitique, selon une approche exclusivement géopolitique, ce qui est très réducteur pour le champ de l’urbanisme.

 

Ces unités d’enseignement dispensent des connaissances triviales, peu élaborées, une sorte de catalogue de questions plus ou moins abordées par un urbaniste au cours de sa carrière, surtout au sein des collectivités territoriales : espaces verts, sécurité, programmation, marchés publics, etc. Nous sommes bien loin d’une offre pédagogique innovante, adossée simultanément à des laboratoires de recherche en urbanisme et à des intervenants professionnels de toute nature (et pas seulement issus des collectivités locales), comme les instituts d’urbanisme le proposent par exemple. Ici il ne s’agit pas de penser l’urbanisme d’après, mais plutôt celui d’avant selon une approche bureaucratique calée sur les thèmes abordées par les ingénieurs territoriaux au sein des collectivités.

 

 

Le concours d’ingénieur territorial comme argument commercial

 

Ce diplôme n’étant pas reconnu par l’État, il n’est pas ou peu soutenu financièrement. Son coût élevé, oscille de 5155,57€ (4920€ pour le diplôme et 265,57€ pour les frais d’inscription universitaires) à 5895€ (avec la préparation au concours d’ingénieur territorial), et place ce diplôme parmi les plus chers dans le domaine de l’urbanisme.

 

En comparaison, l’École des ponts ParisTech, propose le Mastère spécialisé Aménagement et maîtrise d’ouvrage urbaine, reconnu par la Conférence des grandes écoles, pour 7500€. Sciences Po Paris, propose le Master d’urbanisme, selon les revenus des parents l’année précédente à un coût allant de 0€ à 13000€. Les diplômes délivrés au sein des instituts d’urbanisme rattachés à des universités coûtent pour leur part, environ 500€.

 

La possibilité de préparer le concours d’ingénieur territorial, spécialité « Urbanisme, aménagement et paysages » est la particularité de ce DFSSU. Or deux décrets (2002-508 du 12 avril 2002 et 2007-196 du 13 février 2007) stipulent clairement que l’accès de droit à ce concours est réservé aux seuls titulaires d’un diplôme d’architecte, de géomètre ou d’ingénieur.

 

Le DFSSU « Techniques de l’urbanisme, de l’aménagement et du territoire » ne correspond à aucun de ces diplômes. Les décrets précisent toutefois qu’il existe une Commission d’équivalence des diplômes (CED) statuant sur le caractère scientifique et technique des diplômes qu’un candidat présente.

 

Le candidat doit fournir un épais dossier détaillant l’intégralité de son parcours académique. Le jury statue au cas par cas selon les dossiers présentés. On comprend donc mieux la tentative des créateurs de ce diplôme pour « montrer patte blanche » à l’entrée du concours avec un parchemin estampillé « techniques de l’urbanisme… ».

 

Cependant, un titulaire d’un DFSSU « Techniques de l’urbanisme, de l’aménagement et du territoire » n’accède pas de droit au concours, sans formation initiale d’architecte, de géomètre ou d’ingénieur. Devant la Commission d’équivalence des diplômes, la présentation de ce DFSSU, ne garantit en rien l’automaticité de l’inscription et ne dispense pas de la fastidieuse élaboration du dossier.

 

 

Un diplôme sans débouché ?

 

Il s’agit donc d’un « coup de poker », ce diplôme n’étant pas reconnu par l’État comme un master et n’offrant pas d’accès privilégié au concours d’ingénieur territorial. Au-delà il confond le grade statutaire d’ingénieur territorial avec le domaine professionnel de l’urbanisme.

 

Loin de clarifier et rendre lisible le champ de l’urbanisme, à travers une offre de Masters d’urbanisme dispensée au sein d’instituts d’urbanisme, ce diplôme vient ajouter de la confusion supplémentaire sans garantir une plus-value spécifique des techniques de l’urbanisme pour l’accès au concours d’ingénieur territorial.

 

La question est donc simple : combien de temps ce diplôme restera-t-il ouvert ?

Par Clm
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Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 10:34

La tribune « Une école d’ingénieur peut-elle former des urbanistes ? » a légitimement suscité de nombreuses remarques de la part d’internautes, notamment élèves ou diplômés du Département Aménagement de l’École d’ingénieurs polytechnique de l’Université de Tours. Voici quelques précisions nécessaires pour comprendre le cheminement qui amène à contester le positionnement stratégique du DA de Polytech’Tours.

 

L’urbanisme est un champ où s’affrontent des groupes sociaux, professionnels et scientifiques

 

BOURDIEU Pierre, 1975, « La spécificité du champ scientifique et les conditions sociales du progrès de la raison », Sociologie et sociétés, volume 7, numéro 1, pp.91-118

Résumé de l’article par Marc Fournier et Louis Maheu :

« […] l'auteur introduit et élabore la notion de « champ scientifique » qu'il définit à la fois comme le système des relations objectives entre des positions sociales et comme le lieu de la concurrence qui a pour enjeu spécifique le monopole de l'autorité scientifique inséparablement définie comme capacité technique et comme pouvoir social. Il découle de cette définition qu'il est vain de distinguer entre des déterminations proprement scientifiques et des déterminations proprement sociales des pratiques scientifiques : la lutte pour l'autorité scientifique est une lutte irréparablement politique et scientifique dont la spécificité est qu'elle oppose des producteurs qui tendent à n'avoir d'autres clients que leurs concurrents. »

 

Le champ de l’urbanisme (professionnel et/ou scientifique) fait l’objet de convoitises de la part de groupes professionnels et/ou scientifiques qui sont en crise, ou perdent leur magister par la redistribution des cartes induites par les réformes politiques et les changements de contextes socio-économiques récents (crise économique, décentralisation, développement durable, etc.).

Plusieurs commentaires sur la précédente tribune contestent également l’existence et la consistance de la profession d’ingénieurs en France et par conséquent le fait que cette profession ait des velléités sur le champ de l’urbanisme.

Les ingénieurs présentent en France, tous les traits d’une profession, certes très diverse (comme les médecins ou les juristes), mais cohérente sur un dénominateur commun extrêmement solide : scientifique et technique. Ces deux mots résument parfaitement la posture d’un ingénieur, quel que soit son domaine et le distingue d’autres professions. La consistance de ce groupe professionnel peut également se constater par leurs nombreuses et importantes associations représentatives :

  • Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France (http://www.cnisf.org/), dont l’ex-CESA est inscrit comme membre ;
  • Chambre de l’ingénierie et du conseil de France (http://www.cicf.fr/), qui représente les structures de conseil en ingénierie en France ;
  • Association des anciens élèves de l’École nationale des ponts et chaussées (http://www.ponts.org/), qui ne regroupe pas que les anciens élèves, mais aussi tout le corps de fonctionnaires des ponts et chaussées, dont une partie n’est pas diplômé de l’ENPC (l’accès au corps des ponts se fait sur concours) ;
  • Association des ingénieurs des travaux publics de l’État (http://www.aitpe.fr/), même principe que pour l’AIPC ;
  • Association des ingénieurs territoriaux de France (http://www.aitf.asso.fr/) ; qui représentent les fameux ingénieurs territoriaux, dont un groupe de travail en son sein, a largement contribué à discréditer les instituts d’urbanisme.

 

Ne sont citées ici que les associations qui s’intéressent fortement au champ de l’urbanisme. Pour d’autres spécialités, le constat serait le même avec la présence constante du ciment scientifique et technique. Les ingénieurs existent donc en France en tant que groupe social, leur présence dans les ministères est incontestable depuis Napoléon et même avant. Dans le secteur privé ils ont également réussi à s’imposer, en partie ou en totalité, sur des champs scientifiques très divers, pour lesquels ils ne semblaient pas a priori les mieux armés : management, économie, finance, etc.

Pour les architectes, c’est aussi le cas avec l’UNSFA qui fédère tous les syndicats départementaux d’architectes et le Conseil national de l’ordre des architectes garant de la cohérence de la profession. Les architectes ont par ailleurs investi des champs connexes : architecture d’intérieur, paysage, urbanisme.

La démarche pluridisciplinaire existe réellement pour les ingénieurs, mais elle est choisie et sélective, selon le dénominateur commun scientifique et technique, légitime et propre à ce groupe professionnel. C’est sur ce même principe que l’éviction des urbanistes est justifiée pour le concours d’ingénieur territorial spécialité « Urbanisme, aménagement et paysages » ; selon le principe quasi-tautologique que ingénieurs ne sont pas des urbanistes et inversement : ils n’ont pas le même dénominateur commun.

Par ailleurs, la pluridisciplinarité n’est pas un élément suffisant pour caractériser à elle seule, une posture professionnelle et scientifique. À défaut d’embrasser dans son intégralité, une discipline académique, il faut construire, une posture, moins épistémologique, plus volontariste. C’est exactement ce que font les ingénieurs avec l’expression : « scientifique et technique ».

 

L’émergence d’instituts d’urbanisme a permis la définition de notre dénominateur commun.

 

L’affaire du concours d’ingénieur territorial a permis de révéler un groupe cohérent qui jusqu’ici était largement muet et ignoré par les associations professionnelles d’urbanistes qui représentaient majoritairement des autodidactes et/ou des fonctionnaires de l’État ou encore d’autres professions (architectes, géomètres, ingénieurs)[1].

L’émergence de l’Association pour la promotion de l’enseignement et de la recherche en aménagement et urbanisme (APERAU) et tout récemment, du Collectif national des jeunes urbanistes (CNJU), met enfin un visage sur un groupe, qui était difficilement identifiable jusqu’aujourd’hui.

Ce groupe a également son dénominateur commun, qui transparait dans les écrits de chercheurs de la 24è section du Conseil national des universités : Aménagement de l’espace et urbanisme ou dans la charte de l’APERAU (http://www.aperau.org/charte.html). Si l’on s’exerce à mettre des mots sur ce dénominateur commun, cela pourrait être :

·         Pluridisciplinarité ; des étudiants, des enseignements et des enseignants.

·         Territoire ; par la combinaison de l’approche spatiale et politique de l’urbanisme.

·         Recherche-action ; par une formation universitaire ouverte à la recherche[2], sans perdre de vue la nécessité d’inscrire dans l’action ces connaissances. C’est ce que font les urbanistes au quotidien en assistant les élus dans leur définition des politiques publiques d’urbanisme.

 

Le dénominateur scientifique et technique n’est pas celui des urbanistes

 

En passant d’une formation universitaire de magistère à un diplôme scientifique et technique d’ingénieur, le Département Aménagement de l’École d’ingénieurs polytechnique de l’Université de Tours a donc changé de groupe.

Bien évidemment, la rupture n’est pas nette. Le contenu du Diplôme d’ingénieur en Génie de l’aménagement reste d’une grande qualité et proche de celui du Magistère, et ce malgré un toilettage cosmétique des appellations du diplôme et des enseignements, toutes plus scientifiques et techniques les unes que les autres (génie de…, ingénierie de…, etc.).

Mais progressivement cet ancien institut d’urbanisme s’intègre dans la démarche d’une école d’ingénieurs, différente de celle d’un institut d’urbanisme :

·         Quelle posture professionnelle pour les élèves et diplômés ? Sont-ils ingénieurs et donc scientifiques et techniques ? Dans ce cas, quelles sont leur techniques, leurs produits, leurs théorèmes ? La logique déterministe scientifique et technique a-t-elle une raison d’être en urbanisme ? Sont-ils urbanistes, auquel cas, les exigences du diplôme d’ingénieur permettent-elles de retrouver le dénominateur commun précité ?

·         Quelle pluridisciplinarité des élèves si le recrutement est restreint par la dominante scientifique et technique du diplôme ? L’habilitation en diplôme d’ingénieur impose indirectement aux formateurs de pratique une politique de recrutement des étudiants limitant drastiquement la pluridisciplinarité aux seuls profils de formation initiale scientifique et technique (classes préparatoires scientifiques, BTS et DUT scientifiques ou techniques, formations universitaires en sciences dites « dures » etc.)

·         Quelle démarche de recherche-action si la dimension technique impose l’apprentissage et la maîtrise fine de systèmes aboutis ? Par chance, le contenu pédagogique ne s’est pas (encore) figé et offre, par la permanence de l’équipe de l’ex-CESA une dimension universitaire encore très forte.

 

En aucun cas, la démarche de cet ancien institut d’urbanisme ne saurait représenter un modèle pour la profession et constitue une impasse à moyen terme, la posture professionnelle de l’urbaniste entrant en contradiction avec celle, de l’ingénieur.

À moyen-terme, avec l’affirmation d’urbanistes de formation, la question de se posera avec plus d’acuité : le Département Aménagement et Polytech’Tours forme-t-il des ingénieurs ou des urbanistes ? Affaire à suivre…

 

 



[1] À ce sujet, lire l’excellent article de Véronique Biau dans Métropoliques :

BIAU Véronique, 2011, « Les urbanistes territoriaux revendiquent une troisième voie entre grands corps de l’État et professionnels libéraux », Métropolitiques, 29 janvier 2011, (http://www.metropolitiques.eu/Les-urbanistes-territoriaux.html)

[2] Les universités n’ont d’ailleurs pas le monopole de la formation universitaire. La démarche pédagogique peut tout-à-fait se retrouver dans certains diplômes au sein d’instituts d’études politiques ou de grandes écoles, notamment dans le cadre de mastère spécialisés (Mastère spécialisé Aménagement et maîtrise d’ouvrage urbaine à l’École des ponts ParisTech par exemple).

Par Clm
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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 11:57

La réforme d’harmonisation de l’enseignement supérieure (réforme LMD) a été l’occasion, avec la mise en place du Diplôme national de master (DNM), de voir fleurir des « cohabilitations », néologisme barbare dont l’administration a le secret pour qualifier le montage de partenariats entre plusieurs établissements pour délivrer ensemble un seul et même diplôme. La cohabilitation présente l’intérêt d’associer plusieurs établissements pour mettre en commun leurs spécificités sur un diplôme. Pour un champ professionnel tel que l’urbanisme, la démarche présente un intérêt majeur, mais devrait évoluer, pour plus de lisibilité professionnelle.

 

 

La cohabilitation à l’épreuve du LMD : baisse du champ de vision

 

La formule de la cohabilitation, n’a pas vu le jour avec la mise en place des masters en France. À l’époque des diplômes d’études supérieures spécialisées (DESS) et des diplômes d’études approfondies (DEA), le système était déjà développé dans une moindre mesure toutefois. La cohabilitation permet d’associer tous types d’établissement d’enseignement supérieur et de recherche (universités, grands établissements, grandes écoles, etc.) autour d’un même diplôme.

 

La cohabilitation offre de nombreux intérêts :

 

  • Permettre à plusieurs établissements complémentaires de s’associer pour un délivrer un diplôme demandant des apports croisés (cas des diplômes pluridisciplinaires, mais pas seulement),
  • Offrir aux diplômés des grands établissements et des grandes écoles, la possibilité de poursuivre une carrière universitaire (Doctorat)[1],
  • Permettre à des étudiants d’universités de bénéficier du sceau et des enseignements de grands établissements et de grandes écoles. Ainsi certains DEA et DESS ont pu accroître leur réputation par cette stratégie multi-sceaux.

 

À l’issue de la réforme LMD[2], le mouvement de concentration des DESS et DEA sous une mention, voire une spécialité commune de master a virtuellement augmenté le nombre de diplômes cohabilités. Par exemple, si un ex-DESS cohabilité se regroupe avec d’autres diplômes sans cohabilitation au sein d’un même master, le diplôme entier de master est cohabilité. Pourtant, une seule spécialité (voire parcours) propose réellement des cours dans plusieurs établissements.

 

D’une manière générale, après la réforme LMD, de nombreux diplômes ont souffert d’une perte de visibilité : prolifération des noms différents pour un même champ professionnel ou une même discipline, complexification des cohabilitations, incohérence des niveaux hiérarchiques entre dénominations d’un établissement à l’autre, etc. Ils conservaient pourtant pour la plupart, les qualités des ex-DEA et ex-DESS. Voulue comme une harmonisation et une ouverture, le passage au master a dégradé la visibilité de l’offre de masters, rendant difficile l’identification et la comparaison par les étudiants et les employeurs, des diplômes offrant des débouchés similaires.

 

Les instituts d’urbanisme ont un peu mieux navigué dans la réforme grâce à la structuration des diplômes au sein d’instituts identifiables (nom, site internet, charte graphique, association, etc.). Toutefois, les dénominations des diplômes se sont considérablement complexifiées. Aujourd’hui, le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) tend à reprendre la main en imposant dans la nouvelle campagne d’habilitation des diplômes (2010-2013), la dénomination « Urbanisme et aménagement ».

 

Pour le cas des cohabilitations, le constat est sans appel. Comment mesurer la réalité d’une cohabilitation si, sous le nom d’une mention de master, toutes les spécialités n’offrent pas de réelle cohabilitation ? Au-delà, certaines cohabilitations sont parfois asymétriques avec une implication plus ou moins forte dans le diplôme d’un établissement à l’autre. Le système présente donc des intérêts mais demande une analyse approfondie de la réalité des partenariats par les étudiants et employeurs ; un travail impossible à réaliser pour les employeurs et une corvée pour les étudiants réfléchissant à leur orientation.

 

 

Nouvelle offre, nouvelles lunettes : les doubles-diplômes

 

À côté des cohabilitations, principalement à l’initiative des grandes écoles, les doubles-diplômes se sont développés. Ils se destinaient plutôt à l’origine à formaliser les partenariats avec des établissements étrangers[3]. Dans le cadre de son cursus, l’étudiant passait un (voire deux) ans au sein d’un établissement partenaire étranger, dont il obtenait, en plus de son diplôme français, le diplôme local.

 

Entre établissements français, la formule s’est également considérablement développée ces dernières années. Par exemple : plusieurs écoles d’ingénieurs se sont associées à des écoles d’architecture pour permettre aux élèves intéressés d’obtenir à la fois le diplôme d’architecte et celui d’ingénieur. Ces partenariats présentent l’intérêt majeur de mettre en valeur une « double-compétence » et d’augmenter donc les débouchés possibles. Comble de l’élitisme, certains doubles-diplômes ont permis à des établissements de grande réputation de s’associer. Ainsi, HEC et Sciences Po ont créé un double-diplôme commun en management privé et public.

 

Au-delà des considérations de réputation et d’image, le double-diplôme permet à chaque entité de conserver son identité et ses exigences propres à l’obtention de son diplôme. Il conserve ainsi les éléments qui font sa réputation et son excellence. D’autre part, la collaboration entre établissements est équitable. Les élèves d’un établissement peuvent aller dans l’autre et inversement, sans hiérarchisation et apriori disciplinaires sous-jacents.

 

Dans le cas de la cohabilitation, un seul règlement commun s’applique au sein du diplôme. La pédagogie est unique et chaque établissement doit mettre de l’eau dans son vin pour accepter les exigences de son voisin.

 

Pour des instituts d’urbanisme cohabilités…

 

 

Le champ professionnel de l’urbanisme mobilise de nombreuses disciplines. Dans le cadre de la formation des urbanistes, les cours de ces disciplines doivent être dispensés. L’existence même d’instituts d’urbanisme, structures autonomes de formation en urbanisme, sans rattachement disciplinaire exclusif, traduit cette volonté de ne pas être inféodé à une seule approche disciplinaire.

 

Cependant, rares sont les instituts réellement autonomes (voir la tribune « Quel avenir pour les instituts d’urbanisme ? »). La cohabilitation a alors été un moyen de mobiliser des enseignants d’autres disciplines, pour panacher un minimum l’offre d’enseignement et augmenter les moyens à disposition, au-delà de la discipline du département de rattachement. La cohabilitation se révèle être une demi-solution entre l’institut d’urbanisme et le rattachement disciplinaire exclusif.

 

Ce constat milite pour le développement d’instituts d’urbanisme de plein exercice dans les grandes métropoles françaises. Actuellement, les structures se rapprochant le plus du modèle d’institut d’urbanisme sont les suivantes :

 

  • Institut d’urbanisme et d’aménagement régional (Université Paul Cézanne Aix-Marseille 3)
  • Institut d’aménagement, de tourisme et d’urbanisme (Université Michel de Montaigne Bordeaux 3)
  • Institut de géoarchitecture (Université de Bretagne occidentale)
  • Institut d’urbanisme de Grenoble (Université Pierre Mendès-France Grenoble 2)
  • Institut d'aménagement et d'urbanisme de Lille (Université des sciences techniques Lille 1)
  • Institut d’urbanisme de Lyon (Université Lumière Lyon 2)
  • Cycle d’urbanisme de Sciences Po
  • Institut d’urbanisme et d’aménagement de l’Université Paris-Sorbonne
  • Institut d’urbanisme de Paris (Université Paris-Est Créteil)
  • Institut français d’urbanisme (Université Paris-Est Marne-la-Vallée)
  • Institut d’aménagement du territoire, d’environnement et d’urbanisme de l’Université de Reims
  • Institut d’urbanisme de Rennes (Université de Haute Bretagne Rennes 2)

 

Cette autonomie académique est le seul moyen d’orienter clairement les formations vers le champ professionnel de l’urbanisme, sans quoi les cursus seraient incomplets ou trop orientés sur un seul aspect,  condamnés à des bricolages administratifs pour assurer un minimum de pluridisciplinarité.

 

Ainsi, plusieurs établissements pourraient participer à la constitution d’un institut d’urbanisme (voir à ce sujet la tribune « L’École d’économie de Paris : un exemple à suivre pour la formation des urbanistes ? ») et rendre lisible les urbanistes et leurs structures de formation.

 

 

…et des doubles-diplômes affirmant l’autonomie de la profession

 

Le champ professionnel de l’urbanisme présente de nombreuses interfaces avec d’autres professions et pratiques professionnelles (architectes, géomaticiens, juristes, ingénieurs, programmistes, etc.). Ces interfaces sont la richesse d’une profession. Elles permettent d’offrir des passerelles de l’une vers l’autre et de faciliter le dialogue entre elles. Toutefois l’ouverture ne doit pas signifier la confusion ; il en va de la lisibilité d’une profession toute entière.

 

Les écoles d’architecture et les écoles d’ingénieurs ont intégré ce constat en offrant la possibilité de réaliser des doubles-cursus « architecte et ingénieur » ou « ingénieur et architecte ». Chaque cursus garde ainsi sa cohérence mais offre la possibilité aux élèves, d’un établissement ou d’un autre, de se frotter à une profession voisine et d’obtenir une double qualification très recherchée sur le marché du travail. En tissant ces passerelles, les établissements affirment de fait leur indépendance. La démarche même du « double-diplôme », contrairement à la cohabilitation renforce l’autonomie de chaque cursus en attribuant deux diplômes distincts ; un pour chaque profession.

 

Pours les instituts d’urbanisme, le montage de doubles-diplômes devrait être encouragé pour mieux affirmer la spécificité du master en urbanisme et offrir aux étudiants la possibilité d’obtenir une double qualification avec par exemple :

 

·         Urbaniste et architecte ; pour sortir de l’appellation abusive « architecte-urbaniste » où l’urbanisme ne représente au mieux qu’une petite année de spécialisation au lance-pierre, voire ne représente aucun cursus pour certains architectes revendiquant le titre sans qualification. Si les architectes peuvent être admis dans les masters d’urbanisme, les urbanistes devraient pouvoir être également admis dans les écoles d’architectures à un niveau comparable.

 

·         Urbaniste et géomaticien ; la géomatique s’est beaucoup développée au sein des départements et UFR de géographie. Des diplômes de masters sont désormais délivrés et certifient les compétences des géographes en cartographie, analyse spatiale, ainsi que leur maîtrise des logiciels mobilisés pour cette pratique professionnelle. Le domaine de l’urbanisme mobilise largement le travail des géomaticiens. La mise en place d’un double-cursus clarifierait chaque compétence et développerait le niveau des urbanistes sur les logiciels de géomatique.

 

·         Urbaniste et juriste ; le droit est une discipline constamment présente dans le domaine de l’urbanisme, avec l’ensemble des procédures et documents d’urbanisme (ZAC, PLU, etc.). Les juristes les plus intéressés par le droit de la construction et de l’urbanisme entreprennent régulièrement de faire un master d’urbanisme. Il serait intéressant d’offrir aux urbanistes l’opportunité d’approfondir leur niveau en droit de la construction et de l’urbanisme.

 

·         Urbaniste et ingénieur ; le génie civil et le génie urbain sont largement présents dans la pratique quotidienne des urbanistes, notamment dans l’aménagement opérationnel (sociétés locales d’équipement, établissements publics d’aménagement, etc.). De nombreux ingénieurs font le choix de poursuivre leur cursus en master d’urbanisme. L’École des ponts ParisTech offre déjà la possibilité aux élèves-ingénieurs, de suivre en dernière année, le mastère spécialisé Aménagement et maîtrise d’ouvrage urbaine, délivré par l’école. Cependant un élève de ce mastère spécialisé n’a pas la possibilité d’obtenir le diplôme d’ingénieur. Au-delà de la rigidité des critères d’admissibilité au sein des écoles d’ingénieurs, les instituts d’urbanisme pourraient tisser des partenariats avec les écoles d’ingénieurs. Reste à savoir si celles-ci seraient intéressées…

 

·         Urbaniste et programmiste ; en France, la profession de programmiste s’est rapidement développée avec la loi relative à la maîtrise d’ouvrage publique qui impose aux maîtres d’ouvrage d’établir un programme des bâtiments et équipements pour lesquels ils lancent des appels d’offres ou concours de maîtrise d’œuvre. La programmation se divise en deux spécialisations : programmation architecturale et programmation urbaine. L’Institut d’urbanisme de Paris est actuellement le seul à proposer un cursus cohabilité en programmation architecturale et urbaine[4]. Il serait intéressant que les urbanistes puissent suivre les deux cursus. Il s’agit d’une passerelle possible vers la maîtrise d’œuvre et de l’opportunité de travailler à la fois sur l’urbanisme (programmation urbaine) et le bâtiment (programmation architecturale). Le double-diplôme semble être une formule qui garantisse l’autonomie de chaque champ professionnel.

 

Pour assurer des débouchés à l’étranger pour les diplômés français et pour permettre aux urbanistes français de pratiquer en France, le passage par la case « double-diplôme » semble presque inévitable[5]. Les procédures d’urbanisme sont largement nationales. Des doubles-diplômes pourraient voir le jour avec des établissements partenaires étrangers. Le diplômé serait ainsi reconnu dans chaque pays et pourrait chercher un emploi sur deux marchés.

 

 

 

Les formations sont le garant de l’autonomie de la profession

 

Cette tribune met en évidence que la formation des urbanistes est un chantier prioritaire pour assurer l’autonomie de la profession. Les architectes, géomètres et ingénieurs ont rapidement compris cet aspect en soutenant leurs établissements formateurs et en affirmant leur autonomie face à d’autres professions.

 

La profession d’urbaniste dispose d’instituts d’urbanisme dont l’autonomie et la reconnaissance doivent être renforcées. Ces instituts peuvent être les précurseurs d’une profession émancipée. Reste à savoir si les associations d’urbanistes sauront prendre le train en marche ou continueront d’ignorer des structures qui forment aujourd’hui la très grande majorité des urbanistes français.



[1] Avant la réforme LMD, seules les universités et quelques rares grands établissements (École des hautes études en sciences sociales et Sciences Po notamment) étaient autorisés à délivrer des diplômes de DEA, DESS et doctorats. Pour offrir un débouché dans la recherche à leurs étudiants, les grands établissements et les grandes écoles se sont donc souvent associés à des universités pour délivrer en commun des DEA, voire des DESS.

[2] Pour rappel, un diplôme national de master comporte les informations suivantes dans sa dénomination :

o         Un domaine ; grand ensemble disciplinaire, par exemple, « Arts, lettres et langues » ou « Sciences humaines et sociales » ;

o         Une mention ; correspondant à la discipline académique ou au domaine professionnel, par exemple, « économie », « biologie », « urbanisme et aménagement », « management » ;

o         Une spécialité ; correspondant à une spécialité disciplinaire ou à une pratique professionnelle, par exemple, « biologie moléculaire », « développement territorial » ;

o         Un parcours (optionnel) ; qui sont des options au sein des spécialités, par exemple, « développement rural » ou « renouvellement urbain ».

[3] Le premier établissement français à délivrer des doubles-diplômes a été l’École polytechnique. Le cursus de polytechnicien impose à l’élève de choisir une « école d’application » pour sa quatrième et dernière année. Ces écoles d’application permettaient initialement de choisir un corps de fonctionnaires (administration, armement, aviation civile, mines, ponts et chaussées, statisticien-économiste, etc.). Au quotidien, les « X » (nom que l’on donne aux élèves et anciens de l’école) se retrouvent donc affublés de leur école d’application ; « X-Mines », « X-Ponts », « X-ENA », etc.

Aujourd’hui, les partenariats de l’École polytechnique se sont multipliés et les fonctionnaires sont minoritaires. Les élèves peuvent également effectuer leur quatrième année à l’étranger.

[4] Il s’agit d’un ex-DESS spécifique devenu aujourd’hui parcours du Master Urbanisme et aménagement de l’Institut d’urbanisme de Paris, délivré conjointement avec l’École nationale supérieure d’architecture de Paris Malaquais.

[5] Le passage par le double-diplôme peut toutefois être évité quand des conventions de reconnaissance mutuelle sont signées, comme cela a été le cas en 2010 entre l’Office professionnel de qualification des urbanistes (France) et l’Ordre des urbanistes du Québec.

Par Clm
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Mercredi 5 janvier 2011 3 05 /01 /Jan /2011 11:29

Dans la continuité de la précédente tribune sur les formations dites « intégrées », ce texte présente le cas du diplôme d’ingénieur (et non d’urbaniste) en génie de l’aménagement de l’École d’ingénieurs polytechnique de l’Université de Tours. La stratégie de l’ex-Centre d’études supérieures en aménagement (CESA), devenu Département aménagement (DA) au sein de Polytech’Tours est critiquée, notamment sur le (très caustique) « Carrefour de l’APERAU ». Présentation d’une stratégie locale de survie qui tourne le dos à toute la profession.

 

Le diplôme d’ingénieur en génie de l’aménagement : ingénieurs ou urbanistes ?

 

Au sein de l’Association pour la promotion de l’enseignement et de la recherche en aménagement et urbanisme (APERAU), parmi les membres français, Le Département aménagement de l’École d’ingénieurs polytechnique de l’Université de Tours (Polytech’Tours) est le seul à délivrer un diplôme d’ingénieur. Il s’intitule : Génie de l’aménagement ; une bien curieuse appellation qui fait le tour de force de marquer à la fois une spécificité par rapport aux diplômes de Master (c’est un diplôme d’ingénieur), tout en créant une énième dénomination dans le champ de l’urbanisme. Pourtant, le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), essaye tant bien que mal, au moment de du renouvellement des maquettes de diplômes de l’enseignement supérieur (contrats quadriennaux 2010-2013), d’harmoniser sous la bannière « Urbanisme et aménagement », le nom des diplômes de niveau I (Bac+5) en urbanisme.

L’ex-Centre d’études supérieures en aménagement (CESA), fondé en 1969, offrait un diplôme de Magistère[1] Aménagement jusqu’en 2007. Au passage de la réforme LMD, l’avenir des magistères semblait incertain[2]. Sur le « carrefour de l’APERAU », en réaction à des messages (plus ou moins pertinents) de critiques sur la stratégie du Département aménagement, Jean-Paul Carrière, Directeur du DA rappelle en détail l’histoire du passage au diplôme d’ingénieur (message complet ici) :

 

Extraits du message de Jean-Paul Carrière sur le carrefour de l’APERAU, 4 janvier 2011

Pas de polémique… des faits !

« […] Le projet d’une école d’ingénieurs remonte aux origines –mêmes du CESA en 1969, le biologiste Vincent Labeyrie, le fondateur du CESA, ayant déjà voulu en son temps créer une école d’ingénieurs en aménagement-urbanisme, interdisciplinaire et articulant les Sciences de l’Homme et Sociales et les Sciences de la Nature et du Vivant. À cette époque, le projet n’a pas totalement abouti, car les instances nationales ne concevaient pas de formation d’ingénieur, vraiment ouverte sur les SHS, et sans socle principal en maths-physique-chimie, formant des cadres pour d’autres secteurs que l’industrie. Il faut se féliciter de voir que la Commission du Titre d’Ingénieur a aujourd’hui élargi son point de vue, habilitant des formations comme la nôtre, largement ouvertes sur les SHS, et les autres sciences telles que l’écologie. Je pense aussi à d’autres formations, telle que celle de l’Ecole Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage…

Ce projet fut porté non seulement par V. Labeyrie, mais par toutes les directions successives du CESA, dont René Perrin, co-fondateur avec P. Merlin de l’APERAU. Il n’aboutit de façon définitive qu’en 2008, après que la CTI ait donné une habilitation complète à délivrer le titre d’ingénieur avec grade de Master, et que l’Ecole ait obtenu le label européen EUR-ACE. […]

[…] Or, une telle perspective pédagogique suppose du temps de formation et des moyens. Le CESA a survécu tant bien que mal en jonglant avec les différents types de diplômes possibles au fil des réformes (MST,IUP, DESS , Magistère à partir de 1988). Mais quand le passage au LMD a été annoncé, il est apparu que la cadre proposé (Licence et Master) ne permettait plus d’assurer les quelques 2000 heures d’enseignement par étudiant, les 38 semaines de stage (de groupe et individuels) et d’ateliers qui existaient déjà, et l’initiation à la recherche. C’est moyennant quelques évolutions dans le contenu des enseignements, mais en conservant l’architecture globale du Magistère, que la formation d’ingénieur a été habilitée par la CTI, laquelle a demandé à ce que soit retenue l’appellation de Génie de l’Aménagement, et, que le recrutement se fasse selon les modalités prévues pour les écoles d’ingénieur . Cela a permis de sauver l’enseignement et la recherche en Aménagement –Urbanisme à Tours qui aurait alors disparu ou serait devenu un petit appendice d’une grosse UFR, sans véritables moyens : le CESA en intégrant l’Ecole Polytechnique de l’Université de Tours (Polytech’Tours), et en devenant le DA, a pu retrouver une existence institutionnelle, des locaux de qualité, un niveau d’équipement remarquable et un budget beaucoup plus important, nécessaires à sa pérennisation. »

 

 

Le diplôme d’ingénieur : un remède périmé pour l’urbanisme ?

 

Le nécessaire rappel des faits historiques par une personne au cœur du processus d’évolution du CESA offre plusieurs niveaux de lecture :

 

Les fondateurs du CESA ambitionnaient dès 1969 la création d’un diplôme d’ingénieur ; il semble assez logique, dans le contexte du grand équipement des années soixante, que le diplôme d’ingénieur ait été vu à cette époque comme le cadre idoine pour former des professionnels de l’urbanisme. Posons-nous simplement la question de sa pertinence en 2011, après plus de quarante ans de politiques d’urbanisme où le règne de l’exclusivité scientifique et technique de la ville a vu se développer un urbanisme sans cohérence, privilégiant les systèmes de transport modelant à leur guise les territoires et les grilles d’équipement aux ratios[3].

Le passage au diplôme d’ingénieur était, selon la direction du CESA, la seule porte de sortie permettant de maintenir à Tours, ses diplômes, effectifs et moyens au passage à la réforme LMD ; il semble que l’environnement local de l’enseignement supérieur tourangeau n’aurait pas permis le maintien du magistère d’aménagement et du CESA en l’état. Après avoir contacté l’Association générale des responsables de magistères (AGREMA), cette dernière a assuré qu’il était toujours possible de maintenir et même d’ouvrir des diplômes de magistère. Le problème n’est pas structurel, mais bien conjoncturel. La redistribution des cartes à Tours n’aurait pas permis au CESA de se maintenir. Autre lecture possible ; la réforme LMD aurait été la fenêtre permettant un passage au diplôme d’ingénieur, comme selon les souhaits des fondateurs du CESA, quarante ans plus tôt. Sur ces éléments des précisions de la part de l’administration de l’ex-CESA seraient les bienvenues.

 

Cette double lecture explique alors la stratégie solitaire de la formation tourangelle. Elle est propre à une organisation locale de l’enseignement et de la recherche, où l’urbanisme cherchait une place lui garantissant les moyens (postes, locaux, diplômes) et la poursuite d’anciens objectifs dont la pertinence peut-être discutée aujourd’hui.

 

Les mineures ne sont pas majeures, les options ne font pas des professions

 

Au-delà du contexte local, le passage au diplôme d’ingénieur est un écho fortement négatif pour la structuration d’une profession autonome d’urbanisteEn France, faute de fédération professionnelle unitaire ou de syndicat national, le seul vecteur d'organisation de la profession d'urbaniste reste ses organismes de formations : il s'agit d'instituts d'urbanisme qui ont pignon sur rue et forment des professionnels depuis plusieurs décennies. Les instituts d'urbanisme de Paris, de Lille, de Lyon, d'Aix-en-Provence, de Lyon, de Grenoble, de Rennes et de Bordeaux forment ainsi plus de 500 urbanistes chaque année. C'est une spécificité française que certains pays nous envient. Rattachés à des universités, les instituts d'urbanisme délivrent donc des diplômes universitaires. Prétendre délivrer une formation aux métiers de l'urbanisme dans le cadre d'une école d’ingénieur laisse à penser que l'ingénieur serait apte à exercer le métier d'urbaniste et que la profession d'ingénieur et celle d'urbaniste sont confondues. Un amalgame qui ne semble pas déranger le Directeur du DA qui déclare :

 

« C’est moyennant quelques évolutions dans le contenu des enseignements, mais en conservant l’architecture globale du Magistère, que la formation d’ingénieur a été habilitée par la CTI, laquelle a demandé à ce que soit retenue l’appellation de Génie de l’Aménagement, et, que le recrutement se fasse selon les modalités prévues pour les écoles d’ingénieur. »

Au sein du diplôme d’ingénieur, l’urbanisme n’est plus le cœur du diplôme, mais une spécialité. L’ingénierie est le référentiel de base du diplôme, la ville n’étant qu’une entrée thématique appliquée aux grilles de lecture propres à la formation d’ingénieur. L’expression même « Génie de l’aménagement » signifie bien la conversion du diplôme en une spécialisation.

Le Département aménagement de l’École d’ingénieurs polytechnique de l’Université de Tours forme désormais des ingénieurs. Reste à savoir si les étudiants, les enseignants et les ingénieurs d’autres spécialités l’accepteront. La période de transition pourrait être longue où la schizophrénie entre ingénieur et urbaniste risque de désorienter les jeunes diplômes dans leur recherche d’emploi et les recruteurs pour identifier cet OVNI des formations françaises en urbanisme.

 

Au sein de la profession d’urbaniste, le débat est ouvert : les écoles d’architecture, d’ingénieurs et de géomètres peuvent-elles former des urbanistes ? Selon moi, non.

 

 

 

[1] Un magistère est un diplôme d’université de niveau I (Bac +5), se déroulant sur trois années universitaires (de Bac+3 à Bac+5). Créé en 1985, le diplôme de magistère vise à recruter et attirer les bons étudiants à l’université, alors que ceux-ci privilégiait un cursus au sein d’une grande école ou d’un grand établissement. L’Association générale des responsables de magistères (AGREMA) fédère les magistères ouverts en France. La formule a connu un succès d’estime, sans toutefois se généraliser. Au passage de la réforme LMD, privilégiant les diplômes de Licence, Master et Doctorat, le Magistère

[2] En France, il existe encore aujourd’hui deux diplômes de magistère en urbanisme :

- Université Paris I Panthéon-Sorbonne ; Magistère Aménagement

 - Institut d’urbanisme et d’aménagement de l’Université Paris-Sorbonne (Université Paris IV) ; Magistère Gestion et aménagement de l’espace et des collectivités territoriales

Pour d’autres disciplines et domaines, de nombreux magistères existent toujours. L’avenir des magistères a donc été moins sombre que ne le prédisaient certains responsables de formations.

[3] Cette méthode a notamment été utilisée pour doter en équipements publics les zones d’urbanisation prioritaire, sans aucune approche territoriale.

Par Clm
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Mercredi 8 décembre 2010 3 08 /12 /Déc /2010 12:35

 

La formation des urbanistes est un débat récurrent dans la profession. En 2004, Jean Frébault et Bernard Pouyet, dans un épais rapport(1) remis au Ministère des transports, de l’équipement, du tourisme de la mer, et au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, avaient déjà compilé une somme impressionnante d’informations et avis de la profession sur la formation des urbanistes. Dans cette abondance d’information les deux auteurs font état de l’existence d’un « courant de pensée » sur une formation « intégrée » des urbanistes français.

 

Qu’entend-t-on par formation « intégrée » ?

 

Selon les défenseurs du modèle et notamment l’Office professionnel de qualification des urbanistes, dont les 600 qualifiés ne représentent au mieux que 5% de la profession et encore moins d’urbanistes titulaires d’un véritable diplôme du domaine, une formation intégrée est :

« Une formation qui commence juste après le bac et délivre une licence en urbanisme et/ou en aménagement (il y en a peu mais elles existent) et se poursuit jusqu’au niveau master (Bac+5) »(2)

 

Les diplômes intégrés en urbanisme n’existent pas en France

 

Cette définition a priori est très intéressante, cependant elle décrit des formations qui n’existent pas en France.

 

Au sein des universités, les spécialisations en urbanisme ne commencent qu’à partir de la troisième année de licence :

  • Après mai 1968, le Département urbanisme de l’Université de Vincennes(3), a proposé durant quelques années seulement, un cursus complet en urbanisme dès la première année. Cette formule a rapidement été abandonnée.
  • Avant la réforme LMD(4), certaines universités ont proposé des instituts universitaires professionnalisés (IUP), diplômes sur trois années qui commençaient dès le Bac+2 pour terminer à Bac+4.
  • Toujours avant la réforme LMD, de nombreux établissements ont également proposé des Licences en urbanisme et/ou aménagement (une seule année à Bac+3 avant la réforme)
  • Après la réforme LMD, le diplôme de Licence s’étend désormais du niveau Bac+1 au niveau Bac+3. Selon le CNESER, un rattachement disciplinaire est nécessaire (droit, économie, géographie, histoire sociologie, etc.) pour les diplômes de ce niveau, ce qui empêche de fait de créer une licence complète (trois années) en urbanisme, le domaine étant par essence pluridisciplinaire.

 

Toutefois, par inertie du cadre d’avant-réforme et par volonté, de la part des formateurs, de maintenir ces anciennes Licences pré-LMD, le CNESER continue d’habiliter des licences dont la troisième année (L3) offre une spécialisation en urbanisme et aménagement. Ces troisièmes années sont de fait une préparation aux cursus de Master en urbanisme.

 

Dans tous les cas, il n’existe en France, aucun diplôme de cinq ans en urbanisme.

 

L’intégration désintègre la profession

 

Au-delà de ce rappel nécessaire sur la réalité du paysage de l’enseignement supérieur français, le principe même des formations intégrées pose la question du maintien de l’un des fondements de notre profession : la double-culture et la pluridisciplinarité.

Comment maintenir les apports croisés indispensables des architectes, économistes, ingénieurs, géographes, historiens, politistes, sociologues s’il faut commencer son cursus préférentiellement dès la premières année ? Bien évidemment, des admissions parallèles pourraient maintenir un semblant de diversité dans les cursus. Cependant, l’urbanisme n’est pas une science et il semble illusoire de vouloir en faire une formation fondamentale sans passage dans un autre cursus au préalable.

Les partisans de la formation intégrée en urbanisme voudraient nous faire croire que seules les écoles d'architecture et les écoles d'ingénieurs seraient en mesure de délivrer ce qu'ils considèrent comme le modèle de formation en urbanisme. C'est du moins ce que semble indiquer le Président de l'OPQU, dans une interview accordée au Moniteur, le 19 novembre 2010 :

« Le domaine de la formation en urbanisme n’est pas suffisamment structuré. Les cursus complets dans ce domaine, à l’instar des formations en architecture, sont encore très rares. »

Or les écoles d'architecture et les écoles d'ingénieurs, dans de très légères options dispensées en fin de cursus, abordent superficiellement la ville et encore plus rarement, l'urbanisme. Penser que ces écoles forment des urbanistes relève du fantasme. Leurs diplômés sont au mieux sensibilisés à la ville et mais ne sont pas des urbanistes.

On notera avec grand étonnement que certains défenseurs des cursus intégrés, dont l’OPQU, défendent également les autodidactes !

Curieuse contradiction : on intègre d’un côté, on désintègre de l’autre. Dans tous les cas, l’offre existante de formation en urbanisme délivrée par les instituts d’urbanisme depuis quarante ans est soigneusement contournée et euphémisée ; comme le démontrent les fiches des rares diplômés (26 à ce jour) inscrits sur la liste d'aptitude à la qualification OPQU (http://www.opqu.org/annuaire_urbanistes2.php)

 

Sortir des chimères et accepter le cadre européen de l’enseignement supérieur

 

Les défenseurs des formations intégrées s’entêtent à défendre un modèle qui entre en contradiction avec la profession d’urbaniste et son ouverture au croisement de plusieurs disciplines.

Cette ligne de défense aux allures scientistes, sorte de version 2.0 du progressisme technicisant des trente glorieuses, ignore délibérément le cadre européen de l’enseignement supérieur où les diplômes de licence, master et doctorat jalonnent le parcours académique de l’étudiant. Elle ignore également dix-huit instituts d’urbanisme et formations supérieures en urbanisme et aménagement du territoire qui forment chaque année 800 à 1000 jeunes urbanistes avec un taux d’emploi dans le domaine d’environ 75%. Elle ignore enfin 10000 à 15000 professionnels formés depuis vingt ans dans ces établissements qui représentent aujourd’hui la grande majorité de la profession.

Arrêtons de débattre sur des chimères et structurons notre profession autour de ses membres et formations qui œuvrent tous les jours partout en France.

 

Notes

1. FRÉBAULT Jean, POUYET Bernard, 2004, Renforcer les formations à l’urbanisme et à l’aménagement, Paris, Ministère des transports, de l’équipement, du tourisme et de la mer, Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, rapport, 284p.

2. Source : Lettre de l’OPQU au CNJU, remise en séance, lors du Conseil d’administration de l’OPQU du 7 juillet 2010 où le CNJU était invité.

3. Ce département devint plus tard l’Institut français d’urbanisme, qui est toujours en activité, au sein de l’Université Paris-Est, à Marne-la-Vallée.

4. « Licence – Master – Doctorat » : réforme d’harmonisation des diplômes européens de l’enseignement supérieur.

Par Clm
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Mercredi 24 novembre 2010 3 24 /11 /Nov /2010 08:35

Hasard de la navigation sur internet et de la revue de presse faite par le site Nos Villes, la Communauté urbaine du grand Toulouse publie sur son site trois courtes vidéos d’entrevue avec l’architecte et urbaniste, David Mangin, lauréat du Grand Prix de l’urbanisme 2008, et associé de Florence Bougnoux et Jean-Marc Fritz, au sein de l’agence d’architecture SEURA.

 

La première vidéo, pose une première question assez simple : « Qu’est-ce qu’un urbaniste ? » ; voir la vidéo ci-dessous pour entendre la réponse.

 

Voir la vidéo

 

« Il y a beaucoup de formes d’urbanistes. Il y a les urbanistes, proprement universitaires qui travaillent, qui font des recherches sur la ville ; et il y a des architectes-urbanistes qui essayent de traduire, dans toutes les dimensions, et notamment de la construction, de l’espace, des projets sur la ville. Alors je fais partie de cette catégorie (NDLR : les architectes-urbanistes) de gens qui pensent que […] l’on ne peut penser l’architecture, qu’à travers une certaine idée de la ville »

 

David Mangin, entrevue avec la Communauté urbaine du grand Toulouse sur Montaudran aerospace

 

Très curieuse définition qui traduit surtout une forme de minimisation de la profession d'urbaniste, inconsciente ou non. Selon David Mangin :

 

1. les universitaires qui font de l’urbanisme sont des chercheurs ; pour rappel, les instituts d’urbanisme et les formations supérieures en urbanisme, reconnues par l’Association pour la promotion de l’enseignement et de la recherche en aménagement et urbanisme (APERAU), dont la grande majorité dépend d’universités, forment chaque année entre 800 et 1000 diplômés de niveau Bac +5 (sans doctorat donc), avec un taux d’emploi dans le domaine de l’urbanisme d’environ 75%, soit 600 à 750 urbanistes par an dont seulement 22% affirment travailler sur des missions de conception urbaine, à l’image des prestations réalisées par David Mangin et ses deux associés. La poursuite d’études en doctorat ne représente, pour cette enquête, que 1,4% des 800 répondants (source : CNJU, Enquête nationale sur l’insertion professionnelle des urbanistes promotions 2008 et 2009, à paraître). Il est donc parfaitement faux d’affirmer que les urbanistes universitaires ne sont exclusivement que des chercheurs, quand l’immense majorité d’entre eux sort de l’université avec un diplôme de niveau Bac+5 pour travailler sur des missions de l’urbaniste, définies dans le référentiel de l’Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU), telles que l’analyse et la prospective territoriale (52%), la coordination et la conduite de projets territoriaux et urbains (48%), etc.

 

2. On ne peut pas penser l’architecture sans penser la ville ; au-delà de la quasi-trivialité de ce principe, penser la ville dans un projet d’architecture ne fait pas d’un architecte un urbaniste et limiter à cette seule approche le travail d’un urbaniste, sur des prestations de conception urbaine, est très réducteur. Cette trop courte entrevue résume la doctrine (consciente ou inconsciente) qui traverse actuellement la profession d’architecte en France. Légitimée habilement lors de la Consultation internationale sur le Grand Paris, organisée par un Ministère de la culture qui a la charge des écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA), bien relayée par la médiatisation de quelques architectes-stars, concepteurs de bâtiment à forte image, la profession d’architecte (voir cet article sur le lobbying intense mené par le Conseil national de l’ordre des architectes) joue dans nos têtes une petite musique, où la traduction de projets urbains ne serait que l’apanage de la profession d’architecte, sensibilisé (un peu) à la ville, dans une dimension uniquement spatiale et graphique.

 

David Mangin, qui a très fidèlement compilé dans son livre La ville franchisée, les grands concepts contemporains sur la ville et son fonctionnement semble, au cours de cette très courte vidéo, reproduire, peut-être inconsciemment, cette idée…

Par Clm
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Lundi 22 novembre 2010 1 22 /11 /Nov /2010 13:33

Mise à jour au 22 novembre 2010 ; l'Institut français d'urbanisme est désormais listé dans les composantes de l'Université Paris-Est Marne-la-Vallée (http://www.univ-mlv.fr/universite/composantes-de-luniversite/), sans toutefois indiquer de lien vers le site internet dédié à l'institut. L'ancien site, hébergé par l'ex-établissement de rattachement (Université Paris VIII Vincennes - Saint-Denis), n'est plus actif...

Une requête Google (pour l'expression "Institut français d'urbanisme"), ne fait pas apparaître le nouveau site de l'IFU (hébergé par l'Université Paris-Est Marne-la-Vallée), qui était jusqu'alors accessible à l'adresse suivante : http://ifu.univ-mlv.fr/... Même cet article de blog apparaît en troisième position...


  1. Institut français d'urbanisme - Wikipédia

    L'Institut français d'urbanisme(IFU) est un institut français de recherche scientifique et de formation universitaire de troisième cycle dans les domaines...
    fr.wikipedia.org/.../Institut_français_d'urbanisme - En cache - Pages similaires
  2. Erasmus - IFU - Institut Français d'Urbanisme

    AVEIRO, Portugal :Institutd'Urbanisme, Université d'Aveiro...VARSOVIE :InstitutPolytechnique (cours en anglais et enfrançais)...
    www.ifu.univ-paris8.fr/spip.php?article23 - En cache - Pages similaires
  3. Où est passé l'Institut français d'urbanisme ? - Urbanisme ...

    19 févr. 2010...L'institut français d'urbanismevient récemment d'être transféré à l'Université Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEMLV), au prix d'un conflit...
    urbanisme.over-blog.net/article-ou-est-passe-l-institut-francais-d-urbanisme-45261383.htmlEn cache

Institut Français d'Urbanisme (IFU)

Cité Descartes 4 Rue Alfred Nobel, 77420 Champs-sur-Marne - 01 64 68 00 16

Il semblerait que le site internet de l'IFU ait de nouveau disparu d'internet... Espérons que cette disparition ne soit que passagère à l'approche des premières réflexions des candidats sur leur orientation.

***

L’institut français d’urbanisme vient récemment d’être transféré à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEMLV), au prix d’un conflit avec l’Université Paris VIII Vincennes – Saint-Denis[1]. Une victoire donc pour l’administration de l’IFU ?

 

En observant le site internet de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée (http://www.univ-mlv.fr/), on peut remarquer qu’il est impossible de trouver quelconque mention de l’Institut français d’urbanisme. Un retard à l’allumage de service communication ?

 

L’institut français d’urbanisme propose les diplômes suivants :

  • Licence Études urbaines
  • Master Urbanisme et aménagement
  • Master Urbanisme, aménagement et transports : Cité et mobilité
  • Doctorat Urbanisme et aménagement de l’espace

 

En toute logique, ces diplômes devraient apparaître (tout comme la composante : « Institut français d’urbanisme ») sur le site officiel de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée. Actuellement, seul deux apparaissent : la licence études urbaines et le master Cité et mobilité.

 

Le master Cité et mobilité est rattaché à l’UPEMLV depuis sa création, il est toujours apparu sur le site et l’administration principale est à Marne-la-Vallée. La licence est renommée : « Licence mention Géographie parcours Aménagement et études urbaines »[2] et rattachée à la composante : Institut francilien des sciences appliquées. Une erreur peut-être ? Le secrétariat du diplôme n’est plus à l’IFU mais à l’UPEMLV et le nom change, pourquoi ?

 

Alors que le rattachement de l’Institut français d’urbanisme était attendu par le personnel et les étudiants, l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée ne communique pas du tout sur l’arrivée de cet établissement majeur de l’enseignement de l’urbanisme en France. Le site internet ne mentionne même pas l’existence de cette composante, un comble quand on connaît les difficultés pour les étudiants d’universités à choisir sereinement leur orientation en sortie de licence. Doit-on mettre ces multiples oublis d’affichage sur le compte d’une simple erreur administrative ou d’une véritable stratégie d’absorption progressive ?

 

L’Institut d’urbanisme de Paris (IUP) devrait emboîter le pas de l’IFU en migrant dans les prochaines années vers la Cité Descartes (campus de l’UPEMLV, de l’ENPC, de l’ENSG, de l’ESIEE et de l’EAVT). Cette absence de visibilité de leur homologue « ifusien » devrait les faire réfléchir…

 

 



[1]Voir sur le site de l’Institut français d’urbanisme pour une rétrospective du conflit : http://www.ifu.univ-paris8.fr/spip.php?rubrique31

Par Clm
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