6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 15:51

 

La formation des urbanistes à Strasbourg : deux facultés, une école d’architecture et une école d’ingénieurs

L’Université de Strasbourg[1] et deux écoles du réseau AlsaceTech[2] offrent actuellement six diplômes de niveaux Licence, Master et Doctorat en urbanisme et aménagement du territoire :

  • Master mention « Urbanisme et aménagement » ;                          
  •  
    • Spécialité « Architecture, structures et projets urbains », portée par l’École nationale supérieure d’architecture de Strasbourg (ENSAS) et l’Institut national des sciences appliquées de Strasbourg (INSA Strasbourg
    • Spécialité « Études et conduite de projets » portée par la Faculté de géographie et d’aménagement de Strasbourg ;          
    • Spécialité « Projets et sociologie de l’aménagement, de l’urbain, des médiations et de l’environnement » portée par la Faculté des sciences sociales, pratiques sociales et développement ;
    • Doctorat « Aménagement de l’espace, urbanisme », porté par la Faculté de géographie et d’aménagement de Strasbourg ou la Faculté des sciences sociales, pratiques sociales et développement selon les laboratoires et écoles doctorales de rattachement.

     

     

    L’Institut d’urbanisme et d’aménagement régional de l’Université de Strasbourg

    Au sein de la Faculté des sciences sociales, pratiques sociales et développement, l’Institut d’urbanisme et d’aménagement régional (IUAR[3]). Il s’agit d’un département de la faculté regroupant les activités d’enseignement et de recherche en urbanisme et aménagement du territoire accueillies en son sein.

    L’IUAR de l’Université de Strasbourg ne couvre donc pas l’intégralité des diplômes et laboratoires de recherche en urbanisme et aménagement du territoire de l’agglomération strasbourgeoise.

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     Le logo de l'IUAR de l'Université de Strasbourg (Crédit : IUAR de l'Université de Strasbourg)

    « L’Institut d’urbanisme et d’aménagement régional (IUAR) de l’Université de Strasbourg propose des options et des formations variées dans les domaines de la ville, des territoires, des espaces ruraux et de l’environnement, avec une attention transversale aux politiques locales, aux enjeux du développement durable et à l’aménagement du territoire). Il est situé depuis sa création il y a plusieurs décennies au sein de la Faculté des Sciences sociales, où il assure le développement des études urbaines en sociologie et dans une approche pluridisciplinaire. »

    Présentation de l’IUAR de l’Université de Strasbourg sur le site de la Faculté des sciences sociales, pratiques sociales et développement : http://sspsd.u-strasbg.fr/Le-Departement-d-Urbanisme-et-d.html

     

    Il est difficile de dater la création de cet institut (plusieurs décennies ?) qui a vu le jour au sein d’une faculté de sciences sociales. L’IUAR de l’Université de Strasbourg offre à la fois des cours et mineures au sein de diplômes de sociologie, mais également un Master et un Doctorat d’urbanisme :

    • Diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques (DEUST) « Médiations citoyennes » ; qui forme des médiateurs (travail social) pour les associations, offices HLM, et autres structures travaillant sur les dimensions sociales de la Ville.
    • Licence mention « Sciences sociales », parcours « Sociologie » ; diplôme généraliste en sociologie offrant une option « Sociétés urbaines et environnement » offerte dès la deuxième année de Licence.
    • Master mention « Urbanisme et aménagement », spécialité « Projets et sociologie de l’aménagement, de l’urbain, des médiations et de l’environnement » ; dont l’objectif est de « former des professionnels de la ville et des territoires dans l’esprit du développement durable, capables de remplir une fonction de facilitateur et de médiateur dans des projets d’urbanisme et d’aménagement. »

    Les enseignants-chercheurs de l’IUAR sont pour la plupart des sociologues rattachés au Laboratoire Sociétés, acteurs, gouvernement en Europe (SAGE).

     

    Quelle pluridisciplinarité et quelle cohérence avec les autres formations strasbourgeoises en urbanisme et aménagement du territoire ?

     

    La création d’un institut d’urbanisme à Strasbourg démontre le besoin d’afficher clairement, auprès des étudiants et employeurs potentiels, la présence d’une structure, ayant « pignon sur rue », dédiée à l’enseignement et à la recherche en urbanisme et aménagement du territoire.

    Dans le cas strasbourgeois l’intégration des formations n’est pas complète puisque la Faculté de géographie et d’aménagement, ainsi que le Master porté par l’ENSA et l’INSA Strasbourg conservent leur indépendance.

    Paradoxalement, l'IUAR de Strasbourg n'a pas demandé l'adhésion de ses formations à à l’Association pour la promotion de l’enseignement et de la recherche en aménagement urbanisme (APERAU), contrairement au Master « Études et conduites de projet » (Faculté de géographie et d’aménagement). L'APERAU réalise un important travail sur le contenu des formations et la recherche en urbanisme et aménagement du territoire.

    On notera toutefois la volonté de l’IUAR de l’Université de Strasbourg d’assurer une véritable pluridisciplinarité au-delà de la sociologie urbaine avec la présence parmi les intervenants extérieurs d’enseignants d’autres disciplines (Démographie, Droit, Géographie, Urbanisme, etc.) et de professionnels en activité (responsables d’associations d’intervention sociale, urbanistes en collectivité, etc.).

    Strasbourg compte donc, de manière visible, un institut d’urbanisme.



    [1] L’Université de Strasbourg est un Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) issu de la fusion des trois universités strasbourgeoises :

    • Université Louis Pasteur Strasbourg 1 ;
    • Université Marc Bloch Strasbourg 2 ;
    • Université Robert Schuman Strasbourg 3.

    Il s’agit d’un PRES unique en son genre puisqu’il est entièrement « fusionnel » ; chaque université membre s’est fondue dans le PRES pour garder une identité unique et clairement identifiable : Université de Strasbourg.

    [2] AlsaceTech est une association mettant en réseau les quatorze grandes écoles et les grands établissements d’enseignement supérieur d’Alsace.

    [3] En France, il existe deux structures portant le nom « Institut d’urbanisme et d’aménagement régional » : l’IUAR d’Aix-en-Provence, fondé en 1969 et l’IUAR de Strasbourg.

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    5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 16:18

    L’agglomération de Grenoble a le privilège de disposer simultanément sur son territoire d’un institut de géographie et d’un institut d’urbanisme. Partageant ensemble les locaux de la « Cité des territoires », l’Institut de géographie alpine (IGA, Université Joseph Fourier Grenoble 1) et l’Institut d’urbanisme de Grenoble (IUG, Université Pierre Mendès-France Grenoble 2), proposent de manière complémentaire, une offre abondante de diplômes supérieurs en urbanisme et aménagement du territoire.


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    La Cité des territoires à Grenoble (Crédit : IGA, UJF Grenoble 1)

     

    Dernier né parmi les diplômes offerts à la Cité des territoires, le Master « Innovation et territoires », porté par l’IGA nous est présenté par son responsable, Luc Gwiazdzinski[1], enseignant en aménagement de l’espace, urbanisme à l’Université Joseph Fourier Grenoble 1 et chercheur au sein de l’UMR PACTE, laboratoire majeur de recherche sur les questions d’action publique territoriale en France.

    Porté par une équipe académique réputée sur les questions territoriales (Philippe Bourdeau, Yves Chalas, Marie-Christine Fourny, Luc Gwiazdzinski, Bernard Pecqueur, Olivier Soubeyran et Martin Vanier), le master « ITER » se positionne sur un créneau assez restreint autour des questions de recherche et développement : Trouvera-t-il son public ?

     

    Quels sont les objectifs de ce diplôme ?

    Il s'agit de former des chercheurs ou des professionnels ouverts, capables de travailler dans les collectivités, entreprises, associations sur des projets, dossiers et politiques nouvelles. Il manque des fonctions de recherche-développement au sein des collectivités et agences qu'il faut développer dans un environnement en recomposition.

     

    Pourquoi le nom « Innovation et territoires » ?

    Parce que l'innovation est nécessaire dans tous les domaines de la société dans un contexte difficile. L'expérience montre qu'au-delà des compétences techniques, on a besoin de professionnels curieux et ouverts capables de poser des diagnostics transversaux et de co-construire des réponses adaptées avec l’ensemble des acteurs concernés.

     

    Quelles personnes portent le Master ?

    L'équipe pédagogique est composée des personnes suivantes : Olivier Soubeyran, Marie-Christine Fourny, Yves Chalas, Martin Vanier, Bernard Pecqueur, Philippe Bourdeau, Luc Gwiazdzinski (...). Auxquelles s’ajoute une cinquantaine d'intervenants chercheurs et professionnels pour des cours, séminaires ou ateliers, à Grenoble ou en dehors.

     

    Est-il hérité d'une formation plus ancienne ?

    Non, il s'agit d'une formation nouvelle, qui bénéficie d'un engouement certain auprès d'étudiants intéressés par la découverte de nouvelles démarches et nouvelles manières de faire et d'appréhender les territoires.

     

    Quel(s) type(s) de profils le Master souhaite-t-il former ? Quels débouchés avez-vous prioritairement identifié ?

    Il s’adresse à des étudiants venant de formation initiale en géographie, sociologie, économie (…), mais aussi à des professionnels qui souhaitent compléter leur formation. Les postes visés sont des postes de conseiller, consultant, chargé de mission, charge d'étude, chef de projet sur des questions transversales liées à l'innovation, aux politiques publiques mais aussi de chercheurs pour celles et ceux qui souhaitent poursuivre en thèse.

     

    Craignez-vous une concurrence entre l'Institut de géographie alpine et l'Institut d'urbanisme de Grenoble pour ce type de formations ?

    Non, la formation est proposée de manière commune au sein de la Cité des territoires, qui regroupe les deux instituts ; la spécialité ITER (« Innovation et territoire » ndlr) est d'ailleurs co-habilitée par l'Université Joseph Fourier, l'Université Pierre Mendès-France et l'ENSAG-Ecole d'architecture de Grenoble.

     

    Quelles différences avec le Master « Ingénierie du développement territorial » également offert au sein de l'Institut de géographie alpine ?

    Le Master IDT est installé depuis des années et forme des professionnels aux profils peut être plus techniques ou spécialisés dans des domaines précis (SIG,...) du développement territorial.

    Nous proposons de compléter cette approche en construisant une formation de recherche-action transversale  visant à répondre aux besoins en créativité et innovation autour de nouvelles approches pédagogiques, thématiques et théoriques : design, art et créativité territoriale, temporalités, chrono-aménagement, post-tourisme…



    [1] Urbaniste diplômé de l’Université Louis Pasteur Strasbourg 1 et ancien auditeur de l’Institut des hautes études de développement et d’aménagement des territoires en Europe (IHEDATE), Luc Gwiazdzinski est également Docteur en géographie de l’Université Louis Pasteur Strasbourg 1.

    Actuellement enseignant et chercheur au sein de l’UMR PACTE de Grenoble, il bénéficie d’une longue expérience au sein de collectivités locales, d’agences d’urbanisme et de la DATAR. Luc Gwiazdzinski est aussi Président du POLAU, pôle de recherche d’expérimentation sur les arts et la ville, lauréat du Palmarès des jeunes urbanistes 2010.

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    4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 16:22

    Dernier né parmi les instituts d’urbanisme et d’aménagement du territoire, l’Institut d’Auvergne de développement des territoires (IADT) a été créé en septembre 2011. Ce groupement d’intérêt public (GIP) rassemble l’ensemble des activités de formation et recherche en urbanisme, aménagement et développement des territoires, mais également en gestion des collectivités locales de plusieurs établissements auvergnats :

     

    Un institut nouvelle génération

    L’IADT développe des activités de formation (initiale et continue) et fédère les laboratoires de recherche de la région de Clermont-Ferrand. Il est dirigé par un Conseil d’administration et un Conseil d’orientation associant les établissements formateurs ainsi que le Conseil régional d’Auvergne et les Conseils généraux de l’Allier et du Puy-de-Dôme. Son financement est assuré par les établissements membres (fondateurs et associés) et les collectivités locales.

    Quatre objectifs guident l’institut :

    • « exploiter les complémentarités qui existent entre les enseignements des différents Masters et des écoles d’ingénieurs tout en conservant la spécificité et la diversité des formations existantes. »
    • « offrir aux étudiants un outil de formation performant exploitant le plus possible les synergies disciplinaires. »
    • « créer un laboratoire d’idées - sur le site clermontois associant l’ensemble des acteurs du site, scientifiques et techniques. »
    • « inscrire le dispositif d’enseignement supérieur en étroite relation avec les besoins et les projets des collectivités territoriales. »
    • « constituer un pôle de compétences multi établissements dans les domaines du développement des territoires au service des collectivités territoriales (assistance technique, réalisation d’études, gestion et exploitation de base de données…). »

     

    Il s’agit donc par cette structure d’offrir une meilleure pluridisciplinarité aux étudiants et de mutualiser les moyens académiques et scientifiques autour d’un thème large : « Développement des territoires ».

    L’offre de formation de l’Institut d’Auvergne de développement des territoires se décompose sur les trois niveaux Licence et Master ainsi que des modules de formation continue :

    • Licence professionnelle
      • mention « Management des collectivités locales »
      • mention « Management du logement social »
    • Master
      • mention « Droit public »
        • spécialité Droit, économie et gestion des collectivités territoriales
      • mention « Développement des territoires et nouvelles ruralités »
        • spécialité « Stratégies d’aménagement des villes petites et moyennes et de leurs territoires »
        • spécialité « Dynamique territorial et aménagement rural »
        • spécialité « Tourisme et valorisation des territoires »
        • spécialité « Territoires, acteurs, modélisation »

     

    Les diplômes de l’IADT forment aussi bien des gestionnaires que des urbanistes, notamment pour les collectivités locales. Ils peuvent également mener vers un Doctorat (Sections 02 « Droit public », 23 « Géographie physique, humaine, économique et régionale » et 24 « Aménagement de l’espace, urbanisme » principalement).

    L’institut est aussi un lieu de formation continue, notamment pour les élus, sur la gestion des collectivités locales (pour commencer) : Analyse financière rétrospective et prospective ; Compréhension des comptes administratifs ; Analyse de l’endettement ; BA.BA des marchés publics ; La commande publique.

     

    Un institut d’urbanisme ?

    En fédérant les savoir-faire de deux écoles d’ingénieurs en agronomie, d’une école de droit et d’un département de géographie autour des questions territoriales, l’Institut auvergnat de développement des territoires prend les traits d’un institut d’urbanisme.

    Toutefois, l’IADT développe plus spécifiquement des compétences de formation et recherche sur l’espaces ruraux, péri-urbains et les petites et moyennes agglomérations et pas seulement en urbanisme et aménagement du territoire, mais également en droit, économie et gestion des collectivités locales. Sa mission est donc un peu plus large que les autres instituts d’urbanisme français.

    Avec la création de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de Rennes (IAUR) en 2010, l’offre de formation en urbanisme et aménagement du territoire continue de se structurer et gagne en lisibilité auprès des candidats et employeurs potentiels.

    Des terreaux similaires au contexte clermontois existent à Montpellier, Strasbourg ou Toulouse. Ils pourraient donner naissances à des instituts sous des formes juridiques rénovées (Groupement d’intérêt public, Groupement d’intérêt scientifique, Réseau thématique de recherche avancée, Fondation de coopération scientifique, etc.).

    En Île-de-France, l’Institut français d’urbanisme et l’Institut d’urbanisme de Paris se rapprocheront l’année prochaine pour créer l’École d’urbanisme de Paris.

    La renaissance des instituts d’urbanisme en France ? Affaire à suivre.

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    5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 17:41

     

    L’Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU) existe depuis 1998. Il a pour rôle de qualifier les urbanistes en activité professionnelle. Selon les annuaires en ligne disponibles sur le site de l’OPQU, 656 urbanistes sont qualifiés et 72 jeunes urbanistes sont inscrits sur la liste d’aptitude à la qualification d’urbaniste.

     

    Ces 728 urbanistes qualifiés ou aptes à la qualification (jeunes ou moins jeunes) représentent selon nos estimations, 3,6% de la population des urbanistes français (évaluée au bas mot à 20000 professionnels en activité). Un bilan plutôt maigre depuis la mise en place de l’Office en 1998 (quatorze ans d’existence), avec un peu plus de cinquante inscriptions/qualifications par an.


    Après avoir pris le temps d’analyser les documents de référence de l’OPQU, tous publiés sur son site (annuaire des qualifiés, annuaire des inscrits sur la liste d’aptitude, statuts de l’OPQU, Référentiel métier de l’OPQU, Annexe sur le contenu des formations, etc.), de nombreuses questions subsistent sur les règles de qualification et sur les orientations choisies par l’OPQU :

     

    1. Comment expliquer que sur 656 urbanistes qualifiés, près de la moitié (45%) ne présente aucun diplôme supérieur en urbanisme ? (OPQU, 2012a)
    2. Pourquoi le Conseil national de l’ordre des architectes et l’Ordre des géomètres-experts siègent au Conseil d’administration de l’OPQU ?
    3. Comment expliquer que seuls 11% des urbanistes qualifiés exercent en collectivités, alors qu’ils représentent un tiers de la population française des urbanistes ? (OPQU, 2007, p.35)
    4. Comment expliquer que 52% des urbanistes qualifiés exercent au sein d’un bureau d’études, alors qu’ils représentent un quart de la population française des urbanistes ? (OPQU, 2007, p.36)
    5. Pourquoi 46% des urbanistes qualifiés exercent dans le sud-est et le sud-ouest de la France, alors que la Région d’Île-de-France est le premier employeur d’urbanistes ? (OPQU, 2007, p.37)
    6. Pourquoi aucun audit de l’Office professionnel n’a été réalisé depuis 1998 alors que seuls 3,6% des urbanistes sont qualifiés ou inscrits sur la liste d’aptitude ?

     

    L’OPQU présente l’ambition de rendre obligatoire la qualification d’urbaniste dans les documents de planification. Mais la qualification est-elle faite pour les urbanistes ? L’OPQU est-il représentatif des urbanistes français ?

    Un audit de l’OPQU et de son fonctionnement serait utile alors que l’office s’apprête à prendre des décisions très importantes pour la profession d’urbaniste.

     

    Sources :

    OFFICE PROFESSIONNEL DE QUALIFICATION DES URBANISTES, 2012a, Annuaire des urbanistes qualifiés, Toulouse, Office professionnel des qualification des urbanistes, document en ligne (http://www.opqu.org/annuaire_urbanistes2.php)

     

    OFFICE PROFESSIONNEL DE QUALIFICATION DES URBANISTES, 2012b, Liste d’aptitude à la qualification d’urbaniste, Toulouse, Office professionnel des qualification des urbanistes, document en ligne (http://www.opqu.org/annuaire_urbaniste_aptitude.php)

     

    OFFICE PROFESSIONNEL DE QUALIFICATION DES URBANISTES, 2007, « Annexe 1 : L’analyse détaillée de la population des urbanistes en 2006 », in Le métier d’urbaniste : domaines d’activité, fonctions et compétences, Le Moniteur, pp.35-37 (http://www.opqu.org/upload/opqu_referentiel_urba_204.pdf)

     

    COLLECTIF NATIONAL DES JEUNES URBANISTES, 2011, L’insertion professionnelle des jeunes urbanistes : panorama national 2010, Paris, Collectif national des jeunes urbanistes, rapport, 88p. (http://www.jeunes-urbanistes.fr/wp-content/uploads/2011/06/VFrapportinsertpo-1.pdf)

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    11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 12:03

    Le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) lance un nouveau Master « Aménagement, villes et territoires » commun à trois chaires de l’établissement, en lieu et place du Magister « Aménagement et conception urbaine » de la Chaire d’urbanisme. Quelles évolutions ?

     

    Du Magister au Master, montée en puissance de l’urbanisme au CNAM

     

    Dans le prolongement d’une précédente brève sur la Chaire d’urbanisme du Conservatoire national des arts et métiers, l’établissement spécialiste de la formation continue lance cette année son nouveau Master « Aménagement, villes et territoires ».

    Ce diplôme national de master (DNM), reconnu par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, est assuré conjointement par trois chaires du CNAM :

    La Chaire d’urbanisme : structure « historique » de formation des urbanistes au CNAM via son Magister « Aménagement et conception urbaine » autrefois dirigé par Michel Cantal-Dupart ;

    La Chaire d’administration et de gestion des collectivités locales : qui délivre des enseignements spécialisés sur les collectivités locales et délivre un Certificat de compétence « Gestion des services publics territoriaux en France et en Europe » ;

    La Chaire d’économie et développement des territoires : récemment créée et dirigée par Laurent Davezies, spécialiste du développement territorial, ancien professeur à l’Institut d’urbanisme de Paris.

     

    Ce diplôme vient remplacer le Magister « Aménagement et conception urbaine », diplôme d’établissement propre au CNAM, préfigurant le Master. Le passage du Magister au Master a permis d’étoffer l’équipe enseignante, d’augmenter l’offre d’enseignements et le volume horaire du diplôme.

    Véritable Master (sur deux années complètes de formation), ce diplôme se positionne clairement sur un public de professionnels en activité ou en reconversion qui souhaite développer ou actualiser ses connaissances et compétences pratiques en urbanisme et aménagement du territoire.

    L’offre de formation continue diplômante en urbanisme, compatible avec une activité professionnelle à plein temps, est très limitée en France. Seuls l’Institut d’urbanisme de Paris (Master « Maîtrise d’ouvrage des projets urbains ») et l’Institut d’urbanisme de Grenoble (Master « Urbanisme et projet urbain ») proposent des formations de ce type.

    La plaquette du diplôme présente l’équipe enseignante composée à la fois d’enseignants-chercheurs et de professionnels en activité de grande réputation tels que Philippe Estèbe, Laurent Davezies, Bernard Dreyfus ou Pierre-Alain Trévelo.

    Sur chaque année de formation, les auditeurs bénéficient à la fois de séances de cours théoriques et pratiques qui se déroulent le soir en semaine ou le samedi en journée, d’un atelier d’urbanisme et d’un stage de trois mois minimum, sanctionné par la rédaction d’un mémoire de stage. Il s’agit donc d’un diplôme sérieux et complet qui aborde l’urbanisme et l’aménagement du territoire, aussi bien sous l’angle des politiques publiques que sous celui de l’urbanisme opérationnel ; une formation généraliste.

     

    Quelle lisibilité ?

     

    Avec la dénomination « Aménagement, ville et territoires », on peut regretter que l’urbanisme n’apparaisse pas dans le nom du diplôme, d’autant plus que ce dernier forme des urbanistes ! Un nom à rallonge d’un diplôme ajoute de la confusion pour les candidats et les recruteurs ; une dénomination « Urbanisme » ou « Urbanisme et aménagement » eût été plus efficace.

    Le diplôme est assuré conjointement par trois chaires complémentaires, mais il est compliqué de savoir s’il s’inscrit, comme l’ancien Magister « Aménagement et conception urbaine », dans les locaux de la Chaire d’urbanisme du CNAM, dont le fonctionnement est proche de celui d’un institut d’urbanisme.

    Dans un environnement très concurrentiel de l’offre de formation en urbanisme, particulièrement en Île-de-France, ce diplôme se pose en candidat sérieux et pourrait prétendre à la labellisation « Diplôme d’urbaniste » défendue par le Collectif national des jeunes urbanistes (CNJU).

    Affaire à suivre.

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    22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 17:47

     

    Les urbanistes d’avant vivent chez leurs parents

     

    Depuis son apparition l'urbaniste était un « quelque chose  urbaniste » ou plutôt « X - urbaniste. Il se définissait en creux d'une autre profession ou d'une autre discipline : architecte – urbaniste, géographe – urbaniste, géomètre – urbaniste, ingénieur – urbaniste, etc.

     

    C'est une donnée récurrente dans le développement d'une profession. Elle ne naît pas spontanément. Elle est « enfantée » par d'autres, ses « parents » en quelque sorte. Dans le Monde, les architectes, économistes, géographes, géomètres et ingénieurs, sont les parents généralement reconnus sur l’état civil des urbanistes (ils les ont précédés).

     

    Comme toute profession qui grandit, celle d’urbaniste a vu progressivement se développer des formations, des diplômes spécifiques (formant à titre principal, voire exclusif des futurs urbanistes). En France, il s’agit principalement (mais pas seulement) des instituts d’urbanisme, structures plus ou moins autonomes, rattachées à des universités, mais parfois aussi à des grandes écoles ou à des grands établissements, de formation et de recherche dans les domaines de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. L’Institut d’urbanisme de Paris, fondé en 1919, est le plus ancien d’entre eux. La plupart des instituts d’urbanisme ont vu le jour après 1968. Le plus récent est l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de Rennes fondé en 2011.

     

    Selon le recensement national des diplômes de niveau Bac+5/6 en urbanisme et aménagement du territoire, réalisé par le Collectif national des jeunes urbanistes (Commission Formations et insertion professionnelle), il existe actuellement sur le territoire français, 142 diplômes formant (ou prétendant former) des urbanistes. Parmi ces 124 diplômes, 43 (un peu plus d’un tiers) sont assurés spécifiquement au sein d’instituts d’urbanisme et/ou d’aménagement du territoire. Ces instituts sont les suivants :

     

    • Institut d'urbanisme et d'aménagement régional (Université Paul Cézanne Aix-Marseille 3)
    • Institut d'aménagement, de tourisme et d'urbanisme (Université Michel de Montaigne Bordeaux 3)
    • Institut de géoarchitecture (Université de Bretagne occidentale)
    • Institut d'Auvergne de développement des territoires (AgroParisTech, Université d'Auvergne Clermont-Ferrand 1, Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2 et Vetagro sup)
    • Institut d'urbanisme de Grenoble (Université Pierre Mendès-France Grenoble 2)
    • Institut d'aménagement et d'urbanisme de Lille (Université des sciences et technologies Lille 1)
    • Institut d'urbanisme de Lyon (Université Lumière Lyon 2)
    • Institut de géographie et d'aménagement régional de l'Université de Nantes (Université de Nantes)
    • Chaire d'urbanisme (Conservatoire national des arts et métiers)
    • Cycle d'urbanisme de Sciences Po (Sciences Po)
    • Institut d'urbanisme et d'aménagement de la Sorbonne (Université Paris-Sorbonne Paris 4)
    • Institut d'urbanisme de Paris (Université Paris-Est Créteil)
    • Institut français d'urbanisme (Université Paris-Est Marne-la-Vallée)
    • Institut d'aménagement du territoire, d'environnement et d'urbanisme de l'Université de Reims (Université de Reims Champagne-Ardenne)
    • Institut d'aménagement et d'urbanisme de Rennes (École nationale supérieure d'architecture de Bretagne, Institut national des sciences appliquées de Rennes, Sciences Po Rennes, Université de Haute Bretagne Rennes 2)

     

    Une véritable filière professionnelle de formation initiale et continue s’est donc développée dans le domaine de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire au sein d’instituts ou non, reconnus par des associations professionnelles ou non (APERAUOPQUSFU, etc.). C’est une réalité qui n’avait pas encore été palpée, ne serait-ce que par recensement national des diplômes. Il manque aujourd’hui encore, un recensement national des urbanistes… Cette réalité est l’indicateur d’une lame de fond : l’autonomisation progressive de la profession.

     

    Si nous souhaitons simuler la situation des urbanistes quarante ans plus tôt, il suffit d’observer les filières professionnelles de l’environnement ou de la programmation architecturale et urbaine. Le mot « environnementaliste » apparaît de plus sur les CV. Les programmistes ont leur syndicat professionnel. Du côté des diplômes, les formations entièrement dédiées à l’environnement, selon une approche résolument professionnelle pluridisciplinaire, ont fleuri en France dans de nombreux établissements (universités, grands établissements, grandes écoles). Pour la programmation, le mouvement est moins évident, toutefois, l’Institut d’urbanisme de Paris délivre un Master entièrement dédié à l’exercice professionnel de programmiste. Encore une fois, les architectes, les géographes et les ingénieurs sont de la partie et constituent les « parents » de ces professions naissantes.

     

     

     

    Les urbanistes d’aujourd’hui sont nés sous X

     

    Pour obtenir le titre d'urbaniste (et non le diplôme, ce sont deux choses différentes), l'Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU) a créé en 1998 la qualification d'urbaniste. L'essence même de la profession d'urbaniste, et la tendance générale récente de toutes les professions, est à l'ouverture, notamment via la Validation des acquis de l'expérience (VAE), qui revient à reconnaître autant l'expérience professionnelle dans un domaine que les diplômes qui y donnent accès.

     

    L'OPQU délivre la qualification (qui n’est encore un titre au sens du Répertoire national des certifications professionnelles) selon trois niveaux A, B et C ; une sorte de « VAE maison » :

     

    • Niveau A : Diplôme d'urbaniste + 2 ans d'expérience professionnelle
    • Niveau B : Diplôme avec une option/spécialisation en urbanisme + 5 ans d'expérience professionnelle
    • Niveau C : Aucun diplôme en urbanisme + 10 ans d'expérience professionnelle.

     

    Pour les niveaux B et C, la mécanique de l’OPQU est bien rôdée. Les architectes et ingénieurs, sans diplôme formant spécifiquement à l’urbanisme, ont ainsi pu être reconnus en tant qu’urbanistes, par leur expérience professionnelle ou la présence d'une option/mineure sur les questions d'urbanisme dans leur cursus, vue sous l'angle des architectes, ingénieurs, etc.. Les architectes libéraux ont particulièrement apprécié le dispositif, puisqu’il leur permettait d’attester sur papier leur compétence en urbanisme ; utile lors de réponses à des appels d’offres…

     

    En revanche, la reconnaissance des diplômes permettant la qualification d’urbaniste selon le niveau A (avec un diplôme d’urbaniste) est bien plus complexe. Dans le cadre de ses travaux, l’OPQU a publié un document intitulé « Contenu des formations Master en urbanisme ». Ce document, loin d’analyser et de caractériser la réalité de l’offre de formation des urbanistes, a fantasmé un idéal de Master en urbanisme, inexistant dans l’offre actuelle ; rejetant davantage les urbanistes « de formation » qui composent pourtant aujourd’hui la majorité de la profession en France.

     

    L’urbaniste est encore au domicile parental et peine à se trouver un studio pour battre de ses propres ailes. Les architectes, géographes et ingénieurs rôdent toujours dans les conseils d'administration et ne veulent pas trop que leur petit batte de ses propres ailes ; des parents protecteurs ou indignes selon les points de vue.

     

    Si l'urbaniste (qui est majoritairement une femme selon l’enquête nationale sur l’insertion professionnelle des jeunes urbanistes) reste rattachée à ses parents, elle ne s’émancipera pas et restera une vieille fille dépendante du bon vouloir de ses parents.

     

    Les urbanistes resteront « sous », « semis », des soutiers, des urbanistes sous X. Quel sera le poids d’un étudiant sortant de licence, entrant directement en Master d’urbanisme, face à un architecte ou à un ingénieur qui, par la force de l’OPQU ou de son CV se déclarera architecte-urbaniste, ingénieur-urbaniste ?

     

     

     

    L’émancipation comme objectif : les Nouveaux urbanistes

     

    Le combat actuel, mené par le Collectif national des jeunes urbanistes et par les Nouveaux urbanistes est celui de l’émancipation d’une profession aujourd’hui adulte et autonome. Ce combat passe par des actions, des jalons, autant de piliers sur lesquels pourra se reposer la profession : des convictions.

     

    Le CNJU a entreprise une action par un projet de labellisation des diplômes de niveau Bac+5/6 en urbanisme et aménagement du territoire sous le nom « Diplôme d’urbaniste ». Ce projet en cours de discussion pourrait enfin consacrer et reconnaître l’existence d’une véritable filière de formation des urbanistes.

     

    Les Nouveaux urbanistes ont dressé leur programme d’actions en huit convictions :

     

    1ère conviction

    Créer une association de personnes physiques prêtes à défendre et à promouvoir la profession d’urbaniste, regroupant les urbanistes de tous modes d’exercice.

     

    2ème conviction

    Faire reconnaître la profession d’urbaniste comme une profession à part entière en lui donnant un cadre réglementaire adapté.

     

    3ème conviction

    Consacrer les Instituts d’urbanisme de l’enseignement supérieur existants comme de véritables réseaux professionnels d’urbanistes habilités à délivrer des Licences professionnelles d’urbanisme, des Masters d’urbanisme et des Doctorats d’urbanisme.

     

    4ème conviction

    Transformer le dispositif de qualification OPQU existant en une qualification partagée par les Instituts d’urbanisme et la profession (sur le mode des professions d’avocats ou d’experts comptables), donnant droit au titre d’urbaniste.

     

    5ème conviction

    Développer un dispositif de formation continue propre à la profession d’urbaniste, en lien avec les Instituts d’urbanisme de l’enseignement supérieur.

     

    6ème conviction

    Obtenir la reconnaissance de la profession d’urbaniste comme activité principale dans le cadre de la nomenclature INSEE des activités professionnelles.

     

    7ème conviction

    Mettre en place une convention collective commune aux organismes privés et parapublics ayant l’urbanisme comme activité principale.

     

    8ème conviction

    Faire reconnaître par voie législative la possibilité pour les urbanistes formés dans les Instituts d’urbanisme universitaires de candidater à nouveau à la spécialité « Urbanisme, aménagement et paysages » du concours d’ingénieur de la fonction publique territoriale.

     

     

     

    L’avenir des urbanistes est désormais entre leurs mains :

    Rejoignez le CNJU !

    Rejoignez les Nouveaux Urbanistes !

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    5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 12:33

    L’Université Paris-Sorbonne (Paris 4) a récemment refondu son site Internet. Cet établissement qui accueille un institut d’urbanisme (Institut d’urbanisme et d’aménagement de la Sorbonne ou IUAS), ne semble plus afficher cette structure sur le nouveau site de l’université.

     

     

     

    Un toilettage un peu trop décapant ?

     

    Rattaché à l’Unité de formation et de recherche (UFR) de géographie et d’aménagement, l’IUAS bénéficie d’une autonomie relative, comme l’indiquait la brochure 2010-2011 du Master  professionnel « Aménagement, urbanisme, développement et prospective », retirée du nouveau site Internet :

     

    « L’institut d’urbanisme et d’aménagement de l’université de Paris Sorbonne, Paris IV, régi par ses statuts approuvés par le conseil d’université le 27 juin 1986, a pour objet de développer, dans les domaines de l’urbanisme et  de l’aménagement, l’enseignement et la recherche à tous les niveaux de l’enseignement supérieur. L’institut est administré par un conseil scientifique (article 4) où sièges deux représentants élus chaque année par les étudiants (un en M1 et un en M2) l’exécutif étant confié à un directeur assisté par un directeur adjoint, tous deux élus pour trois ans par le conseil scientifique. »

     

    Cette autonomie, même relative est la marque de fabrique d’une formation autonome et interdisciplinaire des urbanistes, au sein des universités. L’ancien site de l’Université Paris-Sorbonne Paris 4, affichait une maigre page de présentation de l’IUAS :

     

    « L’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement de l’Université de Paris IV, enraciné dans une université "littéraire" où tous les aspects de la culture et des civilisations font l’objet d’études approfondies, établit des liens très étroits avec des organismes professionnels et notamment la Société Française des Urbanistes. Cet institut offre une palette extrêmement complète de diplômes de deuxième et troisième cycles avec :

     

    Filière classique

     

    Licence mention Géographie et Aménagement ;

    Master mention "Géographie, aménagement, environnement et logistique des échanges (GAELE)"

    Master d’Urbanisme et d’Aménagement ;

    Master Transport, Logistique, Territoire, Environnement (TLTE)

     

    Débouchés

     

    Ces diplômes préparent aux carrières de l’aménagement et de la gestion des collectivités territoriales. Les emplois visés se situent dans le secteur privé (bureau d’études, promoteurs, sociétés immobilières) et dans le secteur public (administrations centrales ou administrations territoriales). »

     

    Malgré sa concision, cette page indiquait clairement la présence d’un institut d’urbanisme au sein de l’université historique du centre de Paris. La refonte du nouveau site de l’université, premier outil de communication vers l’extérieur (candidats, étudiants, professionnels), a été l’occasion pour faire disparaître toute mention de l’IUAS dans les pages de présentation de l’université et plus précisément de l’UFR de géographie et d’aménagement.

     

     

     

    Une refonte dans un contexte particulier

     

    D’un point de vue matériel, la refonte du site Internet de l’université ne présente aucun problème particulier. En revanche les actualités récentes de l’UFR de géographie et d’aménagement de l’Université et plus généralement de la formation des urbanistes en France, suscitent des interrogations sur ce toilettage un peu trop décapant du site :

     

    L’IUAS a vu l’un de ses principaux acteurs, Michel Carmona (Professeur au sein de l’Institut et Directeur du Master d’urbanisme de l’IUAS) partir en retraite ; posant la question de sa succession, aujourd’hui assurée par Jean Girardon, Professeur.

     

    Les représentants de la section 23 (Géographie physique, humaine, économique et régionale) du Conseil national des universités (CNU), souhaitent récupérer la section 24 voisine (Aménagement de l’espace, urbanisme), qui peine à affirmer son autonomie scientifique. La section 24 pourrait disparaître prochainement du CNU.

     

    Dans ce double contexte local et global, la perte de visibilité de l’Institut d’urbanisme et d’aménagement de la Sorbonne, structure historique de formation des urbanistes en France, pose des questions :

     

    La disparition de l’IUAS sur le site de l’Université Paris-Sorbonne signifie-t-elle une suppression pure et simple de l’IUAS ?

     

    Le recentrage opéré par les élus de la section 23 du CNU a-t-il lieu en Sorbonne ?

     

     

    Cette nouvelle perte de visibilité pour les urbanistes au sein de l’université n’augure rien de bon dans un contexte déjà houleux (perte d’accès au concours d’ingénieur territorial ; formations au projet urbain dans les écoles d’architecture) pour la profession.

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    5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 11:27

    Le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), Grand établissement d’enseignement supérieur et de recherche (statut juridique au sens de la Loi n°84-52 du 26 janvier 1984 sur l'enseignement supérieur, dite « Loi Savary ») fondé en 1794, accueillait jusqu’à l’année universitaire 2010-2011, la Chaire d’urbanisme et environnement.

     

    À partir de l’année universitaire 2011-2012, dans le cadre d’une réorganisation administrative et de l’offre de formation de l’établissement, le domaine de l’urbanisme connaît les changements suivants au sein de l’établissement :

     

    ·        La Chaire d’urbanisme et d’environnement devient « Chaire d’urbanisme » ;

    ·        Le diplôme de niveau BAC+5, Magister « Aménagement et conception urbaine », devient Master « Aménagement, villes et développement des territoires ».

     

    Au-delà de la réorganisation formelle, l’affichage de la chaire et de son master est désormais clairement orienté vers le domaine de l’urbanisme.

     

    Le passage du Magister, diplôme d’établissement reconnu par le CNAM, au Master, diplôme reconnu par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche au niveau national, donne un poids supplémentaire à la formation principale de la Chaire d’urbanisme, qui délivre entre autres un diplôme de Doctorat en urbanisme et environnement[1].

     

    En croisant formation initiale, formation continue, recherche et ateliers sur commande réelle, la Chaire d’urbanisme du CNAM prend les traits d’un institut d’urbanisme ; un modèle qui semble susciter des vocations ?



    [1] La Chaire d’urbanisme du Conservatoire national des arts et métiers délivre les diplômes, certificats et titre suivants :

    ·          Titre professionnel inscrit au RNCP - niveau III « Assistant de gestion mention aménagement »

    ·          Certificat professionnel « Agent de développement en aménagement et environnement »

    ·          Certificat de compétence

    o    « Conduite de projets de développement de la politique de la ville »

    o    « Conduite de projet d’espace paysager »

    o    « Ingénierie des polices environnementales »

    o    « Ingénierie et développement de projet en espace rural »

    ·          Licence professionnelle « Aménagement du territoire et urbanisme », spécialité « Assistant chef de projet urbain »

    ·          Master « Aménagement, villes et développement des territoires »

    ·          Doctorat « Urbanisme et environnement »

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    15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 11:13

    Le domaine de l’urbanisme n’en finit pas d’aiguiser les appétits. L’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, qui a perdu l’année dernière, l’Institut français d’urbanisme, désormais rattaché à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, lance un bien curieux Diplôme de formation supérieure spécialisé d’université (acronyme barbare pour un diplôme non reconnu par l’État, mais par l’université seulement) intitulé : « Techniques de l’urbanisme, de l’aménagement et du territoire ».

     

     

    Un diplôme créé dans un contexte houleux

     

    Il faut dire que l’initiateur du diplôme est l’un des deux auteurs d’une tribune « Adapter les programmes universitaires au métier d’urbaniste », publiée sur le site de l’Observatoire Boivigny, qui avait déclenché d’intenses protestations, tant les arguments rétrogrades mobilisés, sur une vision techniciste de l’urbanisme étaient peu valables. Depuis l’Observatoire Boivigny, a retiré la tribune, à la demande des deux auteurs et suite à de nombreuses protestations de lecteurs.

     

    Pour l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, l’urbanisme n’est pas une nouveauté. De 1968 à 2010, elle a accueilli l’Institut français d’urbanisme. L’IFU a demandé et obtenu sont rattachement, en 2010, après un intense conflit avec l’Université Paris 8 qui refusait son changement d’affectation. La création de ce petit diplôme d’université pourrait être une sorte de revanche pour l’université de Vincennes-Saint-Denis, mais le contenu ne semble pas au rendez-vous.

     

     

    Un contenu confondant ingénierie et urbanisme

     

    Ce diplôme d’université comprend 308 heures d’enseignements obligatoires, 70 heures d’enseignements optionnels, correspondant à la préparation du concours d’ingénieur territorial (nous y reviendrons dans la partie suivante), 14 heures d’examens et 560 heures de stage professionnel (4 mois). Le volume horaire est légèrement inférieur à une deuxième année de Master Urbanisme, diplôme reconnu par l’État.

     

    Les intitulés des enseignements illustrent parfaitement la vision personnelle du domaine de l’urbanisme de la part des créateurs du DFSSU. Sur quatre unités d’enseignement, le terme « technique » revient trois fois ; une sorte de leitmotiv pour techniciser sur le papier un domaine professionnel qui n’est pas une science de l’ingénieur ou une technique, comme le génie civil ou l’électromécanique. La partie concernant les sciences politiques et les sciences humaines et sociales se réduit à une seule unité d’enseignement dispensée par l’Institut français de géopolitique, selon une approche exclusivement géopolitique, ce qui est très réducteur pour le champ de l’urbanisme.

     

    Ces unités d’enseignement dispensent des connaissances triviales, peu élaborées, une sorte de catalogue de questions plus ou moins abordées par un urbaniste au cours de sa carrière, surtout au sein des collectivités territoriales : espaces verts, sécurité, programmation, marchés publics, etc. Nous sommes bien loin d’une offre pédagogique innovante, adossée simultanément à des laboratoires de recherche en urbanisme et à des intervenants professionnels de toute nature (et pas seulement issus des collectivités locales), comme les instituts d’urbanisme le proposent par exemple. Ici il ne s’agit pas de penser l’urbanisme d’après, mais plutôt celui d’avant selon une approche bureaucratique calée sur les thèmes abordées par les ingénieurs territoriaux au sein des collectivités.

     

     

    Le concours d’ingénieur territorial comme argument commercial

     

    Ce diplôme n’étant pas reconnu par l’État, il n’est pas ou peu soutenu financièrement. Son coût élevé, oscille de 5155,57€ (4920€ pour le diplôme et 265,57€ pour les frais d’inscription universitaires) à 5895€ (avec la préparation au concours d’ingénieur territorial), et place ce diplôme parmi les plus chers dans le domaine de l’urbanisme.

     

    En comparaison, l’École des ponts ParisTech, propose le Mastère spécialisé Aménagement et maîtrise d’ouvrage urbaine, reconnu par la Conférence des grandes écoles, pour 7500€. Sciences Po Paris, propose le Master d’urbanisme, selon les revenus des parents l’année précédente à un coût allant de 0€ à 13000€. Les diplômes délivrés au sein des instituts d’urbanisme rattachés à des universités coûtent pour leur part, environ 500€.

     

    La possibilité de préparer le concours d’ingénieur territorial, spécialité « Urbanisme, aménagement et paysages » est la particularité de ce DFSSU. Or deux décrets (2002-508 du 12 avril 2002 et 2007-196 du 13 février 2007) stipulent clairement que l’accès de droit à ce concours est réservé aux seuls titulaires d’un diplôme d’architecte, de géomètre ou d’ingénieur.

     

    Le DFSSU « Techniques de l’urbanisme, de l’aménagement et du territoire » ne correspond à aucun de ces diplômes. Les décrets précisent toutefois qu’il existe une Commission d’équivalence des diplômes (CED) statuant sur le caractère scientifique et technique des diplômes qu’un candidat présente.

     

    Le candidat doit fournir un épais dossier détaillant l’intégralité de son parcours académique. Le jury statue au cas par cas selon les dossiers présentés. On comprend donc mieux la tentative des créateurs de ce diplôme pour « montrer patte blanche » à l’entrée du concours avec un parchemin estampillé « techniques de l’urbanisme… ».

     

    Cependant, un titulaire d’un DFSSU « Techniques de l’urbanisme, de l’aménagement et du territoire » n’accède pas de droit au concours, sans formation initiale d’architecte, de géomètre ou d’ingénieur. Devant la Commission d’équivalence des diplômes, la présentation de ce DFSSU, ne garantit en rien l’automaticité de l’inscription et ne dispense pas de la fastidieuse élaboration du dossier.

     

     

    Un diplôme sans débouché ?

     

    Il s’agit donc d’un « coup de poker », ce diplôme n’étant pas reconnu par l’État comme un master et n’offrant pas d’accès privilégié au concours d’ingénieur territorial. Au-delà il confond le grade statutaire d’ingénieur territorial avec le domaine professionnel de l’urbanisme.

     

    Loin de clarifier et rendre lisible le champ de l’urbanisme, à travers une offre de Masters d’urbanisme dispensée au sein d’instituts d’urbanisme, ce diplôme vient ajouter de la confusion supplémentaire sans garantir une plus-value spécifique des techniques de l’urbanisme pour l’accès au concours d’ingénieur territorial.

     

    La question est donc simple : combien de temps ce diplôme restera-t-il ouvert ?

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    28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 10:34

    La tribune « Une école d’ingénieur peut-elle former des urbanistes ? » a légitimement suscité de nombreuses remarques de la part d’internautes, notamment élèves ou diplômés du Département Aménagement de l’École d’ingénieurs polytechnique de l’Université de Tours. Voici quelques précisions nécessaires pour comprendre le cheminement qui amène à contester le positionnement stratégique du DA de Polytech’Tours.

     

    L’urbanisme est un champ où s’affrontent des groupes sociaux, professionnels et scientifiques

     

    BOURDIEU Pierre, 1975, « La spécificité du champ scientifique et les conditions sociales du progrès de la raison », Sociologie et sociétés, volume 7, numéro 1, pp.91-118

    Résumé de l’article par Marc Fournier et Louis Maheu :

    « […] l'auteur introduit et élabore la notion de « champ scientifique » qu'il définit à la fois comme le système des relations objectives entre des positions sociales et comme le lieu de la concurrence qui a pour enjeu spécifique le monopole de l'autorité scientifique inséparablement définie comme capacité technique et comme pouvoir social. Il découle de cette définition qu'il est vain de distinguer entre des déterminations proprement scientifiques et des déterminations proprement sociales des pratiques scientifiques : la lutte pour l'autorité scientifique est une lutte irréparablement politique et scientifique dont la spécificité est qu'elle oppose des producteurs qui tendent à n'avoir d'autres clients que leurs concurrents. »

     

    Le champ de l’urbanisme (professionnel et/ou scientifique) fait l’objet de convoitises de la part de groupes professionnels et/ou scientifiques qui sont en crise, ou perdent leur magister par la redistribution des cartes induites par les réformes politiques et les changements de contextes socio-économiques récents (crise économique, décentralisation, développement durable, etc.).

    Plusieurs commentaires sur la précédente tribune contestent également l’existence et la consistance de la profession d’ingénieurs en France et par conséquent le fait que cette profession ait des velléités sur le champ de l’urbanisme.

    Les ingénieurs présentent en France, tous les traits d’une profession, certes très diverse (comme les médecins ou les juristes), mais cohérente sur un dénominateur commun extrêmement solide : scientifique et technique. Ces deux mots résument parfaitement la posture d’un ingénieur, quel que soit son domaine et le distingue d’autres professions. La consistance de ce groupe professionnel peut également se constater par leurs nombreuses et importantes associations représentatives :

    • Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France (http://www.cnisf.org/), dont l’ex-CESA est inscrit comme membre ;
    • Chambre de l’ingénierie et du conseil de France (http://www.cicf.fr/), qui représente les structures de conseil en ingénierie en France ;
    • Association des anciens élèves de l’École nationale des ponts et chaussées (http://www.ponts.org/), qui ne regroupe pas que les anciens élèves, mais aussi tout le corps de fonctionnaires des ponts et chaussées, dont une partie n’est pas diplômé de l’ENPC (l’accès au corps des ponts se fait sur concours) ;
    • Association des ingénieurs des travaux publics de l’État (http://www.aitpe.fr/), même principe que pour l’AIPC ;
    • Association des ingénieurs territoriaux de France (http://www.aitf.asso.fr/) ; qui représentent les fameux ingénieurs territoriaux, dont un groupe de travail en son sein, a largement contribué à discréditer les instituts d’urbanisme.

     

    Ne sont citées ici que les associations qui s’intéressent fortement au champ de l’urbanisme. Pour d’autres spécialités, le constat serait le même avec la présence constante du ciment scientifique et technique. Les ingénieurs existent donc en France en tant que groupe social, leur présence dans les ministères est incontestable depuis Napoléon et même avant. Dans le secteur privé ils ont également réussi à s’imposer, en partie ou en totalité, sur des champs scientifiques très divers, pour lesquels ils ne semblaient pas a priori les mieux armés : management, économie, finance, etc.

    Pour les architectes, c’est aussi le cas avec l’UNSFA qui fédère tous les syndicats départementaux d’architectes et le Conseil national de l’ordre des architectes garant de la cohérence de la profession. Les architectes ont par ailleurs investi des champs connexes : architecture d’intérieur, paysage, urbanisme.

    La démarche pluridisciplinaire existe réellement pour les ingénieurs, mais elle est choisie et sélective, selon le dénominateur commun scientifique et technique, légitime et propre à ce groupe professionnel. C’est sur ce même principe que l’éviction des urbanistes est justifiée pour le concours d’ingénieur territorial spécialité « Urbanisme, aménagement et paysages » ; selon le principe quasi-tautologique que ingénieurs ne sont pas des urbanistes et inversement : ils n’ont pas le même dénominateur commun.

    Par ailleurs, la pluridisciplinarité n’est pas un élément suffisant pour caractériser à elle seule, une posture professionnelle et scientifique. À défaut d’embrasser dans son intégralité, une discipline académique, il faut construire, une posture, moins épistémologique, plus volontariste. C’est exactement ce que font les ingénieurs avec l’expression : « scientifique et technique ».

     

    L’émergence d’instituts d’urbanisme a permis la définition de notre dénominateur commun.

     

    L’affaire du concours d’ingénieur territorial a permis de révéler un groupe cohérent qui jusqu’ici était largement muet et ignoré par les associations professionnelles d’urbanistes qui représentaient majoritairement des autodidactes et/ou des fonctionnaires de l’État ou encore d’autres professions (architectes, géomètres, ingénieurs)[1].

    L’émergence de l’Association pour la promotion de l’enseignement et de la recherche en aménagement et urbanisme (APERAU) et tout récemment, du Collectif national des jeunes urbanistes (CNJU), met enfin un visage sur un groupe, qui était difficilement identifiable jusqu’aujourd’hui.

    Ce groupe a également son dénominateur commun, qui transparait dans les écrits de chercheurs de la 24è section du Conseil national des universités : Aménagement de l’espace et urbanisme ou dans la charte de l’APERAU (http://www.aperau.org/charte.html). Si l’on s’exerce à mettre des mots sur ce dénominateur commun, cela pourrait être :

    ·         Pluridisciplinarité ; des étudiants, des enseignements et des enseignants.

    ·         Territoire ; par la combinaison de l’approche spatiale et politique de l’urbanisme.

    ·         Recherche-action ; par une formation universitaire ouverte à la recherche[2], sans perdre de vue la nécessité d’inscrire dans l’action ces connaissances. C’est ce que font les urbanistes au quotidien en assistant les élus dans leur définition des politiques publiques d’urbanisme.

     

    Le dénominateur scientifique et technique n’est pas celui des urbanistes

     

    En passant d’une formation universitaire de magistère à un diplôme scientifique et technique d’ingénieur, le Département Aménagement de l’École d’ingénieurs polytechnique de l’Université de Tours a donc changé de groupe.

    Bien évidemment, la rupture n’est pas nette. Le contenu du Diplôme d’ingénieur en Génie de l’aménagement reste d’une grande qualité et proche de celui du Magistère, et ce malgré un toilettage cosmétique des appellations du diplôme et des enseignements, toutes plus scientifiques et techniques les unes que les autres (génie de…, ingénierie de…, etc.).

    Mais progressivement cet ancien institut d’urbanisme s’intègre dans la démarche d’une école d’ingénieurs, différente de celle d’un institut d’urbanisme :

    ·         Quelle posture professionnelle pour les élèves et diplômés ? Sont-ils ingénieurs et donc scientifiques et techniques ? Dans ce cas, quelles sont leur techniques, leurs produits, leurs théorèmes ? La logique déterministe scientifique et technique a-t-elle une raison d’être en urbanisme ? Sont-ils urbanistes, auquel cas, les exigences du diplôme d’ingénieur permettent-elles de retrouver le dénominateur commun précité ?

    ·         Quelle pluridisciplinarité des élèves si le recrutement est restreint par la dominante scientifique et technique du diplôme ? L’habilitation en diplôme d’ingénieur impose indirectement aux formateurs de pratique une politique de recrutement des étudiants limitant drastiquement la pluridisciplinarité aux seuls profils de formation initiale scientifique et technique (classes préparatoires scientifiques, BTS et DUT scientifiques ou techniques, formations universitaires en sciences dites « dures » etc.)

    ·         Quelle démarche de recherche-action si la dimension technique impose l’apprentissage et la maîtrise fine de systèmes aboutis ? Par chance, le contenu pédagogique ne s’est pas (encore) figé et offre, par la permanence de l’équipe de l’ex-CESA une dimension universitaire encore très forte.

     

    En aucun cas, la démarche de cet ancien institut d’urbanisme ne saurait représenter un modèle pour la profession et constitue une impasse à moyen terme, la posture professionnelle de l’urbaniste entrant en contradiction avec celle, de l’ingénieur.

    À moyen-terme, avec l’affirmation d’urbanistes de formation, la question de se posera avec plus d’acuité : le Département Aménagement et Polytech’Tours forme-t-il des ingénieurs ou des urbanistes ? Affaire à suivre…

     

     



    [1] À ce sujet, lire l’excellent article de Véronique Biau dans Métropoliques :

    BIAU Véronique, 2011, « Les urbanistes territoriaux revendiquent une troisième voie entre grands corps de l’État et professionnels libéraux », Métropolitiques, 29 janvier 2011, (http://www.metropolitiques.eu/Les-urbanistes-territoriaux.html)

    [2] Les universités n’ont d’ailleurs pas le monopole de la formation universitaire. La démarche pédagogique peut tout-à-fait se retrouver dans certains diplômes au sein d’instituts d’études politiques ou de grandes écoles, notamment dans le cadre de mastère spécialisés (Mastère spécialisé Aménagement et maîtrise d’ouvrage urbaine à l’École des ponts ParisTech par exemple).

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