OPQU 2011 : Mêmes joueurs, même programme ?

Publié le 11 Octobre 2010

L'Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU) entrera en mars 2011 dans sa quatorzième année d'existence, avec le nombre (très) maigre de 600 qualifiés et 26 inscrits sur la liste d'aptitude à la qualification d'urbaniste. Avec la fermeture du concours d'ingénieur territorial option "urbanisme, aménagement et paysage" aux urbanistes diplômés de l'université, se pose la question de son orientation stratégique pour les prochaines années ; présentation des thèmes que le Conseil d'administration de l'OPQU pourrait aborder prioritairement pour (re)donner sa visibilité à la profession d'urbaniste.

 

La qualification d'urbaniste : sortir de l'enfermement et de la confidentialité

 

Avec une moyenne de cinquante urbanistes qualifiés par an depuis sa création en 1998, soit 4,2% des diplômés sortant chaque année des formations supérieures en urbanisme et aménagement, on ne peut pas dire que l'OPQU ait réussi à inciter les jeunes diplômés à la qualification. L'office s'est de plus permis de qualifier, sans autre reconnaissance que l'expérience professionnelle, des architectes, géomètres-experts et ingénieurs. Cela pouvait se comprendre pour tous les diplômés avant la montée en puissance des instituts d'urbanisme, à l'issue des réformes universitaires de 1968.

En revanche, la fermeture du concours d'ingénieur territorial option "urbanisme, aménagement et paysages" a eu le mérite d'inciter les jeunes diplômés à comprendre pourquoi et comment la profession, dont la plus ancienne association, la Société française des urbanistes (SFU), existe depuis 1911, a pu se retrouver dans une telle impasse et comment l'OPQU n'a pu et n'a su donner une visibilité au titre d'urbaniste. Peut-être pour ces raisons ?

  • Parce que la qualification relève plus du parcours du combattant, que d'une procédure évidente
  • Parce qu'il s'agit également de la seule profession où pour être qualifié, il n'y a nulle besoin d'avoir spécifiquement été diplômé d'une formation supérieure en urbanisme et aménagement du territoire ; un comble qui n'aurait jamais pu exister chez les ingénieurs ou les architectes !
  • Parce qu'il est presque plus difficile, pour un diplômé en urbanisme, d'accéder ne serait-ce qu'à la liste d'aptitude, que pour un architecte ou un ingénieur à la qualification directement.
  • Parce qu'enfin les membres en charge de la question des formations, au sein du Conseil d'administration de l'OPQU, méconnaissent profondément le fonctionnement et l'évolution de l'enseignement supérieur français et européen.

Pour toutes ces raisons, les jeunes urbanistes surveillent de très près cet office qui doit être avant tout au service des urbanistes, et non jouer contre eux au profit d'autres professions connexes.


OPQU 2011 : les priorités pour redonner sa visibilité à la profession

 

  • Garantir un accès sans réserve à liste d'aptitude à la qualification d'urbaniste, pour l'intégralité des diplômés des formations supérieures en urbanisme et aménagement du territoire
  • Rendre exceptionnelle, voire supprimer la qualification, des architectes, géomètres-experts et ingénieurs, ne présentant pas de diplôme supérieur en urbanisme
  • Mettre en place un dispositif complet de formation continue des urbanistes
  • Effectuer un lobbying sans relâche auprès des ministères en charge des questions d'urbanisme pour promouvoir la profession d'urbaniste et sa reconnaissance dans les textes

 

Rédigé par Clm

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T. Coster 12/10/2010 05:12



Vous avez totalement raison. Merci pour le combat juste que vous menez.



Clm 12/10/2010 09:23



Merci beaucoup