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L’École d’économie de Paris : une fondation de coopération scientifique
La montée en puissance du classement des universités élaboré par l’Université de Shanghai (avec tous ses défauts), le passage au schéma européen « Licence – Master – Doctorat » et la politique menée par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (pôles de recherche et d’enseignement supérieur) ont déclenché de nombreuses recomposition dans le paysage de l’enseignement supérieur français.
L’une de ces recompositions notables est la naissance de l’École d’économie de Paris (Paris School of economics ou PSE), Fondation de coopération scientifique crée le 21 décembre 2006, dans la veine des écoles d’économie européennes (London school of economics & political science, Stockholm school of economics, etc.) Le site officiel de l’école (www.parisschoolofeconomics.eu) présente l’établissement ainsi (extraits du site de l'école) :
« Créée le 21 décembre
2006, la Fondation PSE-Ecole d’Economie de Paris est l’une des treize premières « Fondations de Coopération Scientifiques »
retenue par le gouvernement. Avec cette disposition de la loi de programme pour la recherche du 18 avril 2006, le Gouvernement a souhaité « à partir des meilleures unités françaises,
favoriser l’émergence de hauts-lieux scientifiques en France, reconnus parmi les tout premiers au plan international ». Il s’agit de « rassembler, autour d’un noyau dur d’unités de
recherche proches géographiquement, une masse critique de chercheurs de très haut niveau, fédérés dans le cadre d’une stratégie partagée autour d’un objectif scientifique commun ». Fidèle à
ce projet, PSE-Ecole d’économie de Paris fédère l’ensemble des équipes du campus Jourdan ainsi que le Centre d’économie de la Sorbonne de l’Université Paris 1
Panthéon-Sorbonne.
L’ambition de PSE-Ecole d’économie de Paris est d’atteindre les premiers rangs mondiaux en économie, et de développer des programmes pluridisciplinaires à la frontière
entre l’économie et les autres sciences sociales. PSE-Ecole d’économie de Paris repose sur une gouvernance innovante et sur un nouveau type de partenariat entre institutions académiques et
partenaires privés. »
L’École d’économie de Paris n’est pas le premier établissement de ce type à voir le jour en France. Le précurseur est l’École d’économie de Toulouse (www.tse-fr.eu) fondée au début des années quatre-vingt sous un nom différent au sein de l’Université Toulouse 1 Capitole. Il s’agit plus précisément, dans la famille des fondations de coopération scientifique, d’un réseau thématique de recherche avancée (RTRA), l’autre statut possible étant celui de pôle d’enseignement supérieur et de recherche (PRES).
Cette structure forme prioritairement des économistes de niveau Doctorat (mais aussi Master) par des formations de grande qualité, étroitement liées à des laboratoires réputés dans la discipline. Ici, l’excellence académique est mise en avant, l’économie présentant la particularité de former des chercheurs pour les universités, mais également des économistes professionnels pour les grandes entreprises ou organisations (Banque Mondiale, OCDE, etc.). Ainsi les relations avec les organismes extérieurs, potentiels employeurs de diplômés de l’École d’économie de Paris, sont intenses, notamment par la publication de nombreux travaux de recherche ou de rapports directement utiles pour les entreprises et organismes recrutant des économistes.
L’offre actuelle de formation de l’école est la suivante :
L’école n’ayant vu le jour qu’en 2006, l’offre est encore limitée à quelques thématiques précises. À l’image de la London school of economics & political science, elle pourrait toutefois se diversifier progressivement, comme elle vient de le faire en proposant un cursus sur le thème du développement.
L’École d’économie de Paris n’est pas spécifiquement dépendante d’un seul établissement. De nombreux grands établissements et universités sont partenaires de l’école (EHESS, ENS, ENPC, Paris 1, etc.) pour les enseignements et les recherches, mais l’école garde une identité propre avec un site internet et une charte graphique spécifiques. Les diplômes sont toujours délivrés pas les établissements partenaires, parfois en co-habilitation, mais sont labellisés « École d’économie de Paris ». Ainsi les économistes diplômés de cette structures sont visibles et lisibles sous une seule et même bannière.
Le statut de RTRA, contrairement à celui ne de PRES[1] ne permet pas à l’école de délivrer ses propres diplômes, mais la délivrance d’un label aux diplômes reconnus par le RTRA est possible.
Des écoles d’économie aux instituts d’urbanisme : esquisses de propositions
Pour la formation des urbanistes, l’Association pour la promotion de l’enseignement et la recherche en aménagement et urbanisme (APERAU, un sigle peu évident pour gagner en respectabilité…) a déjà effectué un premier travail notable pour améliorer le niveau et lisibilité des formations en urbanisme. Toutefois, la fermeture progressive du concours d’ingénieur territorial option « Urbanisme, aménagement et paysages » aux diplômés de l’université, la concurrence d’autres établissements (écoles d’architecture, écoles d’ingénieurs, etc.), la difficulté à faire émerger le modèle de l’institut d’urbanisme pour l’ensemble des établissements, ne permettent plus à l’APERAU d’atteindre ses objectifs formulés lors de sa fondation (extraits du site de l’APERAU) :
Parmi les membres de l’APERAU, certains, comme l’Institut français d’urbanisme et l’Institut d’urbanisme de Paris, bénéficient du statut d’autonomie, au sens de l'article 33 de la loi du 26 janvier 1984 sur l'enseignement supérieur. Cependant, ce régime d’autonomie n’est pas idéal et les instituts sont encore largement dépendants de leur unique établissement de rattachement, pour l'obtention de moyens supplémentaires ou certaines décisions stratégiques sur l'image et le positionnement de la structure.
Par son caractère pluridisciplinaire, dans le recrutement de ses étudiants, de ses enseignants ou dans son offre de cours, une formation en urbanisme gagne à être assurée par plusieurs établissements différents (écoles d’architecture, grandes écoles, universités, etc.).
Dans quelle mesure le statut de réseau thématique de recherche avancée pourrait donner naissance à des instituts d’urbanisme de plein exercice ? Voilà une question fondamentale qu’un regroupement des instituts d’urbanisme les plus avancés dans leur autonomie pourrait étudier ; vers une conférence des instituts d’urbanisme ?
[1] Le pôle d’enseignement supérieur et de recherche de l’Université de Lyon délivre par exemple un diplôme en son nom propre : le Master Admnistrateur des institutions de recherche et de diffusion des connaissances.