LA FORMATION DES URBANISTES EN ÎLE-DE-FRANCE

Publié le 24 Septembre 2009

Une offre extrêmement concurrentielle, symptôme de l'éclatement d’une profession


          Dans le prolongement d’un premier article sur la formation des urbanistes en France, ce court papier resserre la focale sur l’Île-de-France, pour mieux élargir le propos. Dans cette région, dix-sept établissements d’enseignement supérieur délivrent un diplôme de niveau I (Bac+5) en urbanisme, aménagement ou développement territorial :

 

Les formations en urbanisme, aménagement et développement territorial d’Île-de-France

 

·          Conservatoire national des arts et métiers (Chaire d’urbanisme et environnement)

·          École d’architecture de la ville et de ses territoires à Marne-la-Vallée (DSA Architecte-urbaniste)

·          École nationale des ponts et chaussées (option Villes, environnement, transports, du diplôme d’ingénieur, mastère spécialisé Aménagement et maîtrise d’ouvrage urbaine)

·          École nationale supérieure d’architecture de Paris-Belleville (DSA Architecture et projet urbain)

·          École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette (DSA Architecture et projet urbain)

·          ESSEC (Mastère spécialisé Management urbain, environnement et services)

·          ISEAM (Msa Management durable de l'habitat, de l'urbanisme et des transports et Msa Management durable et territoires)

·          Sciences Po (Cycle d’urbanisme de Sciences Po et Master Stratégies territoriales et urbaines)

·          Université de Cergy-Pontoise (Master Développement territorial)

·          Université d’Évry Val d’Essonne (Master Ville, territoires, gouvernance)

·          Université Paris-Est Marne-la-Vallée (Institut français d’urbanisme, Master Génie urbain et Master Urbanisme, aménagement et transports : Cités et mobilités)

·          Université Paris I Panthéon-Sorbonne (Magistère Aménagement et Master Urbanisme et aménagement)

·          Université Paris IV Paris-Sorbonne (Institut d’urbanisme et d’aménagement de l’Université Paris-Sorbonne)

·          Université Paris VII Denis Diderot (Master Ingénierie de l’aménagement et du développement local)

·          Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis (Master Géopolitique locale : aménagement, gestion et enjeux des territoires, Master Villes et nouveaux espaces européens de gouvernance)

·          Université Paris-Ouest Nanterre La Défense (Master Aménagement, urbanisme et durabilité des territoires et Master Développement, environnement et territoire)

·          Université Paris XII Val de Marne (Institut d’urbanisme de Paris)

 

Ce chiffre est impressionnant et suscite des interrogations, d’autant plus que le différentiel de niveau et de réputation entre diplômes est très important. Pourquoi autant de diplômes, pourquoi autant d’intitulés différents ?

 

Un domaine au cœur de l’actualité

 

Si autant d’établissements font le choix d’ouvrir un diplôme dans le domaine de l’urbanisme, c’est qu’une demande existe, du côté des employeurs et du côté des étudiants.

 

La réforme en cours des collectivités territoriales, le Grand Paris, le Grenelle de l’environnement sont autant d’actions nécessitant la présence d’urbanistes dans les collectivités, les bureaux d’études et toute autre structure abordant de près ou de loin les questions d’urbanisme.

 

À domaine désorganisé, convoitises démultipliées

 

Nombreuses sont les contributions écrites pointant du doigt que l’urbanisme n’est pas encore une profession à part entière (http://urbaniste.vefblog.net/). Le titre d’urbaniste, malgré un premier travail de l’Office public de qualification des urbanistes (OPQU), n’est pas protégé et les frontières du domaine professionnel sont floues.

 

Ainsi, l’approche territoriale, du moins son affichage, fleurit dans les établissements d’enseignement supérieur. Écoles d’architecture, d’ingénieurs, de commerces, institut d’études politiques, universités ; tous mettent un peu de territoire, d’urbain dans leurs diplômes. Mais comment trier dans la surabondance, dont l’Île-de-France n’est qu’un exemple représentatif de tout le territoire français ?

 

L’Association pour la promotion de l’enseignement et de la recherche en aménagement et urbanisme (APERAU) s’est auto-investie d’une mission de tri dans l’abondance. Ainsi, dix-neuf « instituts d’urbanisme » (dont cinq sont en Île-de-France, c’est peut-être déjà trop ?) revendiquent une formation de qualité en urbanisme. Cependant qu’en est-il pour les autres ? Sont-ils mauvais ?

 

Bien évidemment, l’APERAU n’a pas le monopole de la qualité et d’autres établissements proposent des diplômes attractifs (le DSA d’Architecte-urbaniste de l’École d’architecture de la ville et des territoires à Marne-la-Vallée par exemple). Cet exemple francilien n’est qu’un moyen de montrer qu’en plus d’un besoin urgent de constituer une véritable communauté professionnelle (l’affaire du concours d’ingénieur territorial, rappelle à notre bon souvenir que le lobbying existe de 7 à 77 ans), il existe une urgence de lisibilité de la formation, et non de l’éclatement.

 

Des nombreux chantiers à lancer d’urgence

 

Des rapprochements entre formations sont certes en cours (Institut français d’urbanisme avec l’Institut d’urbanisme de Paris par exemple), mais nous sommes encore très loin du compte, tant la torpeur et la frilosité règnent dans le monde académique et gangrènent toute tentative de rapprochement, même orchestrée depuis le Ministère de l’enseignement supérieur avec les PRES.

 

L’urbanisme est éclaté et se fait donc doubler par les autres professions qui sont elles bien constituées (ingénieurs, architectes, économistes, etc.). Si l’inaction et le conservatisme des prés carrés demeurent nos lettres de noblesse, l’urbanisme restera dans les livres d’histoire et ne passera jamais dans les conventions collectives.

 

Rédigé par Clm

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article